Télé 7 Jours : Pourquoi avoir choisi le personnage de l’Hippopotame ?
Agustín Galiana : Je recherchais un costume dans lequel j’allais pouvoir bouger. Je trouvais l’Hippopotame amusant et sympathique. Avec toutes ses formes, il y avait davantage matière à jouer. Et comme j’avais peur qu’on me reconnaisse dès la première note avec mon accent, je me suis dit qu’un personnage féminin pouvait m’aider à noyer le poisson. Je pensais que les enquêteurs me reconnaîtraient plus tôt, ça veut dire que j’ai fait du bon travail !
C’est Inès Reg qui vous a identifié au cours du troisième épisode…
Avec Inès, on ne connaissait pas. On ne s’était jamais parlé, même jamais croisés ! C’est drôle qu’elle ait été la première à me reconnaître, car je connais très bien Chantal (Ladesou) et Laurent (Ruquier). J’ai trouvé ça surprenant qu’ils ne me reconnaissent pas.
Dans quel état d’esprit vous êtes-vous lancé dans l’aventure ?
Pour moi, c’était un travail de composition, jusque dans le choix des chansons. Ça a été un travail d’interprète. Je ne voulais pas juste chanter, j’avais envie d’aller plus loin, d’humaniser ces morceaux de tissus et de mousse. Je voulais le rendre parfois solaire, parfois émouvant, animal mais élégant : il a l’air de faire 500 kilos, mais danse comme une plume ! Il avait beaucoup de contrastes qui ont fait sa force. C’est une émission drôle dans laquelle on prend beaucoup de plaisir, où on lâche prise et l’on peut chanter des chansons qu’on ne chante jamais d’habitude. La première performance était la plus difficile, car je découvrais les chorégraphies avec le costume. C’était très compliqué. J’ai pris énormément de plaisir avec la chanson Conga, mais j’ai beaucoup souffert ! (Rires) Pour moi, c’était la meilleure prestation, mais la plus compliquée à faire.
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Dans Mask Singer, l’enquête continue, on découvre à quel point la chaleur était intense dans le costume !
C’était très chaud à l’intérieur, c’était de la mousse. À l’intérieur, j’étais comme dans un matelas… Dès que je bougeais, les bras et les jambes du costume reprenaient leur position initiale, comme un Playmobil ! Ça demandait beaucoup d’efforts, mais quand tu vois le résultat et la réaction des gens, tu oublies la chaleur très vite. Pour les répétitions de Crazy in love, j’ai eu le droit de ne pas porter de costume. À la place, j’étais caché derrière un masque. Mais quand j’ai lancé ma tête vers l’arrière en dansant, le masque est parti ! Heureusement, je me suis caché dans mes mains, on ne m’a pas vu, j’ai été très rapide. C’était très drôle.
Cela a-t-il été difficile de garder le secret ?
Seul mon manager était dans la confidence. Quand la diffusion des émissions a commencé, j’ai reçu plusieurs messages de copains du métier qui m’avaient grillé… J’ai même pas répondu ! (Rires) Je sais que j’ai une voix et un accent reconnaissables, mais je suis très satisfait de mon parcours, du travail accompli et du résultat. Et surtout, je n’aurais jamais pensé avoir un tel accueil du public ! L’Hippopotame n’était pas dans le Top 3 des costumes les plus beaux et spectaculaires, mais son attitude l’a rendu joli et attachant. Comme quoi, quand on n’est pas le plus beau du monde ou le plus gracieux, si on fait de belles choses, les gens nous aiment.
Votre 5ème album, Enamorado, est sorti le 14 juin 2024 et vous avez participé à son écriture…
J’avais déjà écrit, composé et autoproduit mes deux premiers albums. Mais je n’aime pas travailler tout seul. Donc pour ce troisième album en France, j’ai fait appel à des gens que j’admire comme Madame Monsieur, Nazim Khaled, Alain Corson, Mark Weld, John Mamann, Sylvain Duthu… J’ai aussi co-écrit cinq titres avec Sacha, pour évoluer, me dévoiler et m’engager un peu plus. D’ailleurs, j’ai dix ou quinze titres dans les tiroirs pour la suite, que j’ai écrits. Mais je connais mes limites en français, j’apprends beaucoup en collaborant.
"Une nouvelle pièce avec Laurent Ruquier ? Ça va venir"
Allez-vous de nouveau jouer dans une pièce de théâtre de Laurent Ruquier, qui vous avait offert un rôle en 2019 ? Il semblait partant dans Mask Singer pour exploiter votre côté comique à l’avenir…
Ça va venir, ça va venir… C’est tout ce que je peux dire ! (Rires) Laurent, il a l’oeil pour voir le talent des autres et je le remercie beaucoup de tous les beaux mots qu’il a dits pendant l’émission. En la regardant, je trouvais qu’il était très surpris de voir toutes mes folies, que ça l’a chamboulé et lui a donné une autre image de moi. J’espère que ça sera pareil du côté des chaînes et des producteurs. J’aimerais bien avoir des rôles plus comiques, d’autres rôles plus profonds… Ce que j’aime, c’est les personnages qui ont des contradictions, avec lesquels on peut faire passer des messages, ouvrir des débats, faire réfléchir le public et développer plein d’émotions. J’aime toucher les gens et faire bouger les consciences.
Avez-vous refusé beaucoup de propositions afin de sortir de votre image de "latin lover" ?
Oui. Avant, je disais "oui" à presque tout ce qu’on me proposait. Là, je suis dans un moment de ma carrière où j’ai envie de prendre les rênes et de jouer autre chose, suivre mon instinct. Je suis un artiste très inquiet, donc j’aime faire plein de choses différentes. Je pense que pour le public aussi, c’est important de ne pas me voir tout le temps dans la même chose. Pendant Mask Singer, j’ai reçu beaucoup de messages disant "on ne te connaissait pas comme ça, ça fait plaisir de voir ce côté plus humoristique". De la même manière, j’ai un côté plus sombre et sérieux qu’il faudrait me laisser exploiter aussi.
