Afghanes (France 5) – Le calvaire des femmes Afghanes sous le régime liberticide des Talibans

Publié le 12 mars 2023 à 15:12
Afghanes
Correspondante permanente à Kaboul entre 2011 et 2013, la journaliste Solène Chalvon-Fioriti est retournée dans ce pays qui vit sous le régime des talibans. Elle y a recueilli les témoignages d’Afghanes résignées mais combatives.

Ce sont des séquences à peine croyables. Des pratiques d’un autre temps, que l’on pensait bannies pour toujours de nos sociétés modernes. Des mères de famille muselées, traitées comme du bétail et contraintes de cacher leurs corps ainsi que leurs visages. Il y a aussi ces regards d’enfants malnutris, ces gamins parfois vendus comme des objets lorsqu’ils ont le malheur de naître « fille ». La journaliste Solène Chalvon-Fioriti s’est immergée dans le quotidien des Afghanes depuis le retour des talibans, qui ont repris le pays par les armes le 15 août 2021, vingt ans après avoir été écartés du pouvoir par une intervention militaire internationale. 

UN RÉGIME LIBERTICIDE 

Aujourd’hui, les talibans ont instauré un régime obscurantiste qui prive les femmes de liberté. « Les femmes découvertes sont comme un bonbon sans emballage, entend-on de la bouche d’un prêcheur dans les rues de Kaboul, la capitale. Il attire les bactéries et les mouches et en deviendra souillé… » En 2023, les femmes afghanes doivent obéir aux ordres de la police religieuse, vivre avec l’interdiction de travailler dans les emplois publics et de fréquenter les parcs ou les bains. Elles ne peuvent pas non plus aller à l’université, conduire une voiture ou travailler pour les ONG. Dans un élan d’émancipation vital, certaines bravent les interdits en manifestant et en espérant profiter de l’écho offert par les réseaux sociaux. « J’ai couvert plusieurs manifestations, explique Solène Chalvon-Fioriti, dans le documentaire. À chaque fois, elles ont été écrasées dans la violence. Les militantes sont souvent arrêtées et séquestrées durant plusieurs jours. » Horriblement dissuasif. 

UNE RÉSISTANCE DANGEREUSE 

Malgré la répression, il y a des femmes qui résistent, donnent de la voix et entretiennent l’infime espoir d’un avenir meilleur. Comme Arezo, 30 ans, cheffe d’un atelier textile qui n’emploie que des femmes, ce qui permet à son activité d’être encore autorisée. Ou encore Mahbouba Seraj, 74 ans, une activiste « grande gueule » du droit des femmes, qui n’a pas froid aux yeux, alors qu’en Afghanistan, la vie des femmes ne tient qu’à un fil. L’interprétation de la loi islamique, la charia, par les talibans, prévoit de cruels châtiments corporels. Ainsi, la femme qui commet l’adultère est lapidée. C’est ce qui est arrivé à cette future épouse qui, fuyant un mariage forcé, a été déposée dans un trou au beau milieu du désert, à l’écart des regards. Là, des hommes lui jettent des pierres… jusqu’à ce que mort s’ensuive. Une pratique ignoble, qui est néanmois acceptée dans les zones rurales d’un pays où les deux tiers des habitants sont des paysans appliquant la culture tribale. Difficile alors de croire que, dans les années 60, sous le règne de Mohammad Zaher Chah, toutes les femmes disposaient du droit de vote. « Nous nous habillions comme des femmes modernes, se souvient Tajwar Kakar, ancienne ministre adjointe du Droit des femmes. Nous portions des jupes et personne ne faisait de remarques… » 

Afghanes : dimanche 12 mars à 21h00 sur France 5

THOMAS GAETNER 

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