Au début du XVIIe siècle, l’Europe connaît une vaste chasse aux sorcières. On traque tous ceux et toutes celles que l’on soupçonne de pactiser avec le diable. En France, dans la région basque, où le peuple a conservé des pratiques païennes, la persécution atteint son paroxysme. Circonstances aggravantes, les femmes dont les maris, pêcheurs de morue, sont absents, bénéficient d’une trop grande liberté. En 1609, le procureur Pierre de Lancre fait brûler 80 femmes pour sorcellerie.
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Cette tragédie, également racontée dans la série Filles du feu, (diffusée sur France 2 en 2023), nous plonge au coeur de la pensée démonologique, une doctrine profondément misogyne, qui fit des milliers de victimes en Europe du XVe au XVIIIe siècle.
Envoyé au Pays-Basque, par le roi Henri IV pour « purifier » la contrée, Pierre de Lancre entreprend une répression d’une brutalité inouïe. Pour mener son enquête le procureur, usera de la torture (légale à l’époque !) et transgressera toutes les limites du droit, en instrumentalisant des centaines d’enfants, contraints à témoigner contre leurs proches. De Lancre consignera méticuleusement ses « découvertes » dans un ouvrage effroyable, Tableau de l’inconstance des mauvais anges et démons, où il décrit le rituel du sabbat, les danses païennes nocturnes et les unions charnelles avec Satan.
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Ce n’est que grâce au retour des marins pêcheurs partis à Terre-Neuve et à l’intervention de l’évêque de Bayonne, soucieux de protéger les familles des notables également suspectées, que cette délirante mécanique d’accusations prendra fin.