TROP LIBRES POUR ÊTRE HONNÊTES
Dès la plus haute Antiquité, les femmes indépendantes et détentrices d’un savoir paraissent suspectes aux yeux de leurs contemporains. Au Moyen-Âge, celles exerçant les métiers de guérisseuses, de brasseuses de bière, de forgeronnes attisent la jalousie et la misogynie. L’Inquisition va traquer sans relâche ces femmes libres. On estime à environ 200.000 les victimes de ces persécutions. À Genève, en 1782, aura lieu la dernière exécution d’une «présumée sorcière» en Europe.
L’ORIGINE DU CHAPEAU POINTU
Au Moyen-Âge, les femmes avaient le monopole du brassage de la bière. Elles transportaient leur breuvage dans un chaudron et, pour être vues sur les marchés, elles portaient un grand chapeau pointu et possédaient un chat afin d’éviter que les rats ne mangent leurs grains. Ainsi s’est forgée l’image de la sorcière.
DISNEY RESTAURE L’IMAGE DE LA SORCIÈRE
Entre le dessin animé de 1937 et la version incarnée par Angelina Jolie dans les années 2000, avec Maléfique, l’image de la sorcière de Blanche-Neige a évolué. Ce n’est plus la marâtre obsédée par l’idée de vieillir devant son miroir, en rivalité avec sa belle-fille, mais une femme violentée par son amant, qui la drogue pour lui voler ses ailes. Enfin, c’est elle — et non le prince —, qui donne ce baiser d’amour à Blanche-Neige, symbole de paix et de sororité.
Make a Witch : samedi 30 avril à 21h00 sur MCM
Hacène Chouchaoui