Sharon Stone : « J’ai perdu ma place dans la file d’attente d’Hollywood » (EXCLU)

Publié le 10 janvier 2025 à 10:09
ABACA
A l’occasion de deux grandes soirées que lui consacre Arte les 12 et 19 janvier et la diffusion d’un documentaire inédit, L’instinct de survie, la comédienne Sharon Stone nous a accordé un entretien exclusif pour revenir sur les grands moments de sa vie et son rapport à la France.  

D’où vous vient ce fameux instinct de survie évoqué dans le documentaire d’Arte ?

Sharon Stone. Nous l’avons tous en nous. C’est à chacun de décider ce qu’il en fait. Quand je regarde en arrière, je pense que je suis effectivement une survivante pour de multiples raisons mais je vois surtout une filmographie riche et variée.  

Comment avez-vous vécu, professionnellement, la période qui a suivi votre AVC en 2021 ?

Très mal. Je n’ai pas travaillé pendant de nombreuses années, j’ai perdu ma place dans la file d’attente d’Hollywood, je suis redescendu dans l’échelle de salaire des comédiennes, j’ai perdu mon statut et la possibilité d’être choisie de manière cohérente. De toute façon, comme vous pouvez le constater, seules deux ou trois actrices américaines semblent obtenir tous les rôles….

Sharon Stone : "Mes partenaires ont toujours été à 100% de mon côté"

Vous êtes engagée dans la lutte contre le Sida depuis des années. Pensez-vous que les mentalités ont évolué sur le sujet ?

Évidemment. C’était autrefois un sujet tabou, ça ne l’est plus aujourd’hui. On peut être séropositif, prendre un traitement et avoir un résultat de test proche de zéro. Ce sont les faits. La question de mentalité reste, malgré tout, une question d’individualité. Les gens choisissent l’amour ou la peur.

Vous qui avez vécu une expérience traumatisante sur le tournage de Basic Instinct (le réalisateur Paul Verhoeven lui avait demandé d’enlever sa culotte pour des raisons techniques, lors de la fameuse scène d’interrogatoire, lui promettant de ne rien dévoiler de son intimité. Ce qu’il n’a pas fait, ndlr). Trouvez-vous réconfortant de voir que sur les plateaux aujourd’hui, il y a des coordinateurs d’intimité pour les scènes de sexe ou difficiles ?

Non, ça ne veut rien dire pour moi. Dans mon cas, mes partenaires, eux, ont toujours été à 100% de mon côté et très professionnels.

Vous étiez fabuleuse dans la série Ratched sur Netflix. Quand vous reverra-t-on dans une fiction ?

Figurez-vous que je suis sur le point d’y revenir… Et je reste très ouverte à des propositions venant de la France ! S’il vous plait, accueillez-moi ! (Rire). La France est ma deuxième maison, j’ai d’ailleurs un peu de sang français par mes arrière-arrière-grands-parents. Et je n’ai que de bons souvenirs des réalisateurs français avec qui j’ai collaboré. 

Sharon Stone évoque son amitié avec Julien Doré

Vous partagez un charmant duo avec Julien Doré sur son dernier album Imposteur. Comment l’avez-vous connu ?

Nous nous sommes rencontrés quand je suis venu à Cannes  en 2009. Et nous sommes simplement devenus amis.

Qu’est-ce qui est le plus difficile : survivre à Hollywood ou élever des adolescents ?

Ce ne sont pas des problèmes comparables ! (Rires). L’un est superflu, l’autre, ce n’est que de l’amour.

Par
Amandine Scherer