Secrets d’histoire (France 3) – Stéphane Bern s’intéresse aux amours de George Sand

Publié le 23 mai 2022 à 10:04
Laurent MENEC/SEP TV/FTV
Stéphane Bern revient, ce soir, sur la trajectoire d’une femme de lettres qui s’était choisi un nom d’homme. Une grande amoureuse, aussi, qui a marqué son époque.

 “Qu’adviendra-t-il du monde si toutes les femmes se mettent à ressembler à George Sand ?", s’inquiétait Honoré de Balzac, son ami, peut-être un peu agacé, mais également admiratif de ses talents… Auteure de plus de soixante-dix romans et d’une cinquantaine d’oeuvres diverses, dont des pièces de théâtre ou des textes politiques, George Sand a marqué son siècle, le XIXe, et bien plus encore. Dans ce numéro de Secrets d’Histoire, que Stéphane Bern présente depuis l’île de Majorque, en Espagne, où elle résida avec son amant, Frédéric Chopin, le parti pris est plutôt de s’attacher à sa personnalité (débordante) qu’à son oeuvre (foisonnante). Même si ses romans, devenus cultes avec le temps, comme La Mare au diable, y sont évoqués. Ainsi, comme le rappelle l’une des intervenantes à propos de son séjour à Venise, en 1834, avec l’un de ses plus célèbres amants, le poète Alfred de Musset, s’il fallait trouver un équivalent people actuel de George Sand, lorsqu’elle descend à l’hôtel Danieli, c’est du côté de Madonna jeune qu’il faut chercher des points de comparaison. 

En effet, depuis qu’Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil a publié Indiana, le 20 mai 1832, sous le pseudonyme masculin de George Sand, la jeune femme est devenue la coqueluche du Tout-Paris. À une époque où les femmes sont encore considérées comme des mineures toute leur vie durant, Aurore/George détonne et affiche sa différence en public. Elle s’habille comme un homme. Si elle porte des pantalons, c’est d’abord pour des raisons pratiques (afin de circuler sans se crotter), mais surtout pour se différencier. Et elle fume. Des cigarettes, des cigares, la pipe… Une façon de poser son personnage. Taquin, Honoré de Balzac, toujours lui, écrira, d’ailleurs, à propos d’elle : « La femme est une étrange locomotive. »  

Une amoureuse de l’amour 

Le romancier Jules Sandeau, Alfred de Musset, l’avocat Michel de Bourges, le compositeur Frédéric Chopin, le graveur Alexandre Manceau…George Sand aime aimer, et ce sont les élans de son coeur qui vont l’entraîner dans telle ou telle direction. Avec Alfred de Musset, cela tournera parfois au vaudeville, souvent au drame. Jaloux, bien que lui-même plutôt volage, le poète n’accepte pas que son amante ne lui soit pas fidèle. Ils se déchirent, se quittent, se remettent ensemble et se quittent encore. Cette fois, définitivement. Leur relation passionnée inspirera à Musset l’un de ses chefs d’oeuvre, La Confession d’un enfant du siècle, publié en 1836. 

Avec Frédéric Chopin, rencontré alors qu’elle a 32 ans et lui 26, leurs amours, qui dureront dix ans, seront, en comparaison, plus apaisées. C’est au château de Nohant, la propriété de famille de George Sand, dans le Berry, qu’il composera longtemps, avant qu’il ne la quitte. Plus tard, alors qu’elle est devenue une personnalité respectée bien au-delà du monde des lettres, George fait la connaissance, en 1849, d’Alexandre Marceau, un ouvrier graveur. Il sera sa dernière grande histoire d’amour. À un ami éditeur, elle écrira : « Je l’aime, je l’aime de toute mon âme, avec ses défauts, avec les ridicules que les autres lui trouvent… » 

Secrets d’histoire : lundi 23 mai à 21h10 sur France 3

Frédérick Rapilly 

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