Une fille bien née
Née vers 1122 dans le Sud-Ouest de la France (le lieu et la date de naissance demeurent inconnus), Aliénor est l’aînée de trois enfants. Son père, Guillaume X, duc d’Aquitaine et comte de Poitiers, est à la tête de l’un des plus grands domaines de l’époque. Ses possessions s’étendent du Poitou au Limousin, et vont de l’Aquitaine jusqu’au pied des Pyrénées. La jeune fille a reçu une éducation brillante. C’est également une sportive émérite, elle monte à cheval et pratique la chasse au faucon. À la mort de son père, en 1137, l’adolescente, âgée de 15 ans, devient duchesse d’Aquitaine, ce qui fait d’elle l’un des plus beaux partis d’Europe.
À lire également
Secrets d’Histoire (France 3) Polygame, analphabète…. le vrai visage de Charlemagne
Muse des poètes
Le célèbre moine troubadour occitan Bernard de Ventadour dit d’Aliénor qu’elle est « gracieuse, l’incarnation du charme », tandis que le chroniqueur anglais Matthew Paris, de l’ordre des Bénédictins, loue son « admirable beauté », laquelle est chantée, outre-Rhin, dans l’un des poèmes épiques des Carmina Burana. Curieusement, hormis une représentation sur un vitrail de l’église de Poitiers et le visage de son gisant à l’abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire), on ne connaît d’elle aucun portrait.
Duchesse enjouée et raffinée
Élevée dans l’amour de la musique, de la poésie et des fêtes, elle va de château en château, entourée de musiciens et de poètes. La duchesse raffole des soieries, s’habille à la dernière mode et apprécie les mets fins, payant à prix d’or des épices d’Orient. Mariée avec le futur Louis VII, en 1137, elle impose à l’austère cour de France les moeurs raffinées du pays d’Oc et contribue largement à la diffusion, par les troubadours, de l’amour courtois.
À lire également
Secrets d’histoire (France 3) : Raphaël, le génie de la Renaissance
Libre et scandaleuse
Aliénor d’Aquitaine, femme de tempérament, n’est pas heureuse auprès de son royal époux, un homme dévot. De leur union, cependant, naîtront deux filles. Quand, en 1147, Louis VII part en croisade, elle insiste pour l’accompagner, avec sa suite, dames de compagnie et troubadours. Une exigence qui scandalise le clergé, lequel imagine la sainte expédition se transformer en orgies. Ce voyage en Terre sainte (Moyen-Orient) va sonner le glas de leur couple. Sur place, des rumeurs courent sur une relation qu’elle entretiendrait avec son oncle Raymond de Poitiers, prince d’Antioche. Les époux, invoquant une consanguinité rendant caduque leur union, en obtiennent l’annulation en 1152, soit trois ans après leur retour d’Orient.
Aïeule de la royauté européenne
Elle épouse Henri Plantagenêt, duc de Normandie, d’une dizaine d’années son cadet. Ce dernier devient, deux ans plus tard, roi d’Angleterre. Aliénor aura, de cette union, huit enfants, parmi lesquels Richard. Deux fois reine et mère de trois rois (Henri le Jeune, Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre), elle laissera à sa mort, à l’âge de 82 ans, une postérité nombreuse qui peuplera les cours de France et d’Angleterre, mais aussi celles de Sicile, de Castille et jusqu’à l’empire germanique. On peut dire qu’elle est l’aïeule de la royauté européenne.
Secrets d’histoire : lundi 29 mars à 21h05 sur France 3
Hacène Chouchaoui