Santé mentale : Yannick Noah, Michèle Bernier, Florent Manaudou… Ils brisent le tabou sur M6

Publié le 6 mai 2025 à 10:03
Teva
Considérée comme une priorité par le gouvernement, qui l’a érigée en cause nationale, la santé mentale est devenue un enjeu primordial de société. Diffusé ce mardi 6 mai à 21h10 sur M6, le documentaire Santé mentale, briser le tabou défriche un sujet qui touche un Français sur cinq.

“Je m’appelle Yannick Noah, et j’ai souffert d’une profonde dépression. Le bonheur, c’était de gagner cette coupe ! (la coupe des Mousquetaires, qui récompense le vainqueur de Roland-Garros, ndlr). Et, le lendemain, j’étais perdu. Et moi, j’avais envie de me foutre en l’air. Je marchais seul dans la nuit, à Paris, et je regardais la Seine avec l’envie de…"

Yannick Noah, 64 ans, est l’un des témoins qui ont accepté de se livrer dans ce documentaire inédit. Une parole forte, d’autant qu’elle émane d’un champion sportif populaire, adulé par les Français après sa victoire à Roland-Garros, en 1983. D’autres sportifs comme lui s’expriment, mais aussi des personnalités  comme Michèle Bernier, la chanteuse Pomme, l’animateur et magicien Éric Antoine… ainsi que des Français qui pourraient être nos voisins (Arnaud, Zelliana, Joséphine…). Autant de témoignages qui montrent à quel point le sujet de la santé mentale est concernant.

La première cause de mortalité chez les 15-35 ans

En France, comme le rappelle ce documentaire réalisé par Juliette Paquin, 13 millions de personnes seraient touchées au quotidien, soit un Français sur cinq. Et c’est la première cause de mortalité chez les 15-35 ans. Construit en six chapitres, il explore les différentes étapes du parcours de celles et ceux qui sont soumis à des épreuves psychiques. Au côté de Yannick Noah, Florent Manaudou, champion olympique de natation (6 médailles), vient ainsi témoigner face à la caméra de sa dépression, et raconte comment il s’est isolé.

Un autre champion de natation, Camille Lacourt, évoque, lui, sa bascule : ce jour-là, il avait fini 4e d’une course, alors qu’il pouvait prétendre à une médaille olympique, après s’être entraîné pendant des mois, jusqu’à sept heures par jour, trouvant une béquille à son mal-être et ses idées noires dans une consommation excessive d’alcool.

"Je vais poser des RTT, et ça ira…"

Ce film démontre que tout le monde peut être touché. Et que beaucoup ne disent rien, par peur d’être stigmatisés. L’humoriste Constance, victime d’un burn-out, diagnostiquée bipolaire pendant son hospitalisation, se souvient de son état : "J’adore cuisiner, mais je ne pouvais plus découper ne serait-ce qu’une carotte. On me disait qu’il fallait du temps, un an, un an et demi, pour se soigner d’un burn-out, et moi, je répondais : "Je n’ai pas le temps de m’arrêter aussi longtemps. Je vais poser des RTT, et ça ira…" Pour moi, les gens qui étaient hospitalisés, c’étaient des fous, il fallait les enfermer."

Anxiété, bipolarité, schizophrénie, addictions diverses… De nombreuses souffrances psychiques sont ainsi évoquées, commentées par Jean-Victor Blanc, psychiatre et spécialiste des questions de santé mentale. Le film s’achève avec cette phrase réconfortante de Florent Manaudou : "Est-ce que je peux rajouter quelque chose ? Oui ? Il ne faut pas se sentir coupable d’avoir des moments où ça ne va pas !"

Par
Frédérick Rapilly