Cancer du sein : Alice Detollenaere et Camille Lacourt, évoquent leur couple, mis à rude épreuve pendant la maladie

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:33
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INTERVIEW. À l’occasion d’Octobre rose, l’ancien nageur Camille Lacourt et le mannequin Alice Detollenaere se confient sur leur combat lorsque le cancer s’est immiscé dans leur couple, il y a cinq ans. 

Comment avez-vous vécu l’annonce de votre cancer du sein, Alice ? 

Alice Detollenaere : Je me suis bien sûr effondrée. On s’imagine que c’est comme dans les films, que l’on va vous donner tout de suite la marche à suivre. Mais dans mon cas, il a fallu faire d’autres examens pour que les médecins puissent se prononcer. Cela peut mettre des semaines, parfois des mois… Comme mon cancer a été détecté très tôt et que l’on m’a immédiatement retiré et reconstruit le sein, je n’ai pas eu besoin de chimiothérapie. On m’a enlevé le second après la naissance de mon fils, parce qu’à l’analyse génétique, on a découvert une prédisposition dans ma famille. Il ne fallait prendre aucun risque. 

Camille Lacourt : Nous avons également fait appel à un préparateur mental, pour nous aider à gérer la situation. Mon rôle, c’était d’être présent pour elle, d’arrondir les angles. Et je faisais le nécessaire pour vider mon sac auprès de mes amis, de temps en temps. Les gens parlent souvent du « pendant », mais « l’après » est aussi très important… 

Alice : C’est vrai. J’ai encore des séquelles aujourd’hui : je n’ai plus de sensibilité dans les seins et j’ai souvent mal du côté droit. Psychologiquement, il y a aussi une certaine désillusion, on bascule dans une autre vie, alors que les aidants, eux, reprennent celle d’avant. J’en ai beaucoup voulu à Camille, car je n’arrivais plus à avancer. Nous avons donc débuté une thérapie de couple. J’ai mis des semaines à prendre conscience que j’avais le droit d’aller mal. Ça m’a apaisée. 

Alice, vous êtes marraine de l’association Ruban rose ; Camille, vous allez porter la campagne annuelle d’Octobre rose cette année. Quels messages souhaitez-vous transmettre ? 

Alice : J’aimerais dire aux gens qu’il n’y a pas un cancer du sein, mais des cancers du sein, et que l’on ne choisit pas sur lequel on va tomber. La seule donnée que nous maîtrisons, c’est le temps, et se faire dépister, c’est très important. Et dans le couple, la communication est primordiale. Ne pas avoir peur de demander : « Est-ce que tu me trouveras toujours belle avec un sein en moins ? » 

Camille : Nous, les hommes, pouvons aussi être acteurs dans la prévention. Incitez nos femmes et compagnes à prendre rendez-vous, surtout s’il y a des antécédents dans la famille. Il faut que nous soyons proactifs, nous avons un rôle à jouer. Ce n’est pas uniquement leur problème à elles. 

Êtes-vous informé à propos du cancer du sein chez les hommes, Camille ? 

Camille : Oui, cela représente 1 % des cas. Les hommes n’y prêtent pas attention et, quand c’est détecté, la situation est souvent déjà très grave. C’est pour cette raison qu’il faut absolument en parler.

On se mobilise ! 

Jusqu’au 31 octobre, la France passe en mode rose avec de nombreuses actions pour sensibiliser le plus grand nombre au cancer du sein. Une pathologie qui touche une femme sur huit ! Selon la Ligue contre le cancer : « En France, 1,3 million de femmes de 50 à 74 ans n’ont jamais participé à un dépistage. » Symbolisé par un ruban rose, l’événement met plus que jamais l’accent sur la prévention, avec un examen clinique des seins, l’autopalpation et une mammographie.  www.ligue-cancer.net/octobre-rose

Par
Amandine Scherer