Notre nouveau monde (France 2) – Frédéric Fougea : « Ce film contrebalance le catastrophisme ambiant »

Publié le 8 juillet 2025 à 8:22
© Boreales
INTERVIEW. Le réalisateur aux deux Emmy Awards signe, avec Gilles Dufraisse, un documentaire optimiste quant aux capacités de résilience de la planète face au changement climatique.

Trois ans après la série documentaire  Méditerranée, l’odyssée pour la vie (diffusée sur France 2, le 12 avril 2022), qui explorait les effets du changement climatique sur l’environnement, vous récidivez avec ce film. Quel en est le propos ? 

Frédéric Fougea : On a voulu, cette fois, s’intéresser aux modifications environnementales aux quatre coins de la planète. On a pris un recul sur un, voire deux siècles pour observer comment la nature s’était adaptée aux changements. Nous avons pu constater l’incroyable faculté d’adaptation et de résilience dont elle a fait preuve. 

Comment est né ce projet ? 

Cette aventure a démarré voilà trois ans. On a fouiné dans les articles scientifiques et trouvé cette information selon laquelle la moitié des espèces étudiées sur Terre changeaient de lieu de vie. C’est comme si 30 millions de Français déménageaient, ça fait quand même beaucoup ! On a donc commencé à travailler avec les scientifiques pour se rendre compte qu’effectivement tout bouge vers les pôles, vers des zones plus froides, vers les profondeurs en mer. On s’est rendu dans les endroits de la planète où le changement climatique était particulièrement remarquable : l’Australie, le Japon, le Kenya, les Alpes françaises et l’Alaska. 

Quels ont été les effets les plus spectaculaires constatés ? 

La résurrection de la forêt australienne ! Le retour à la vie, cinq ans à peine après les terribles incendies qui l’ont ravagée. J’ai été fasciné par cette capacité de résilience de la nature. Il y a aussi cette région de l’Alaska où la fonte des glaciers a laissé place à une nature luxuriante, giboyeuse, aux cours d’eaux grouillants de saumons. 

Quelle est la leçon que vous en tirez ? 

La nature est surpuissante et a horreur du vide. Ça m’a donné une grande bouffée d’espoir. Ce film contrebalance le catastrophisme ambiant. L’instinct de vie de la planète est très fort et elle s’en sortira pour peu que l’Homme lui donne un coup de main. 

Vous avez donné l’exemple en adoptant un système de production original et écoresponsable… En quoi consistait-il ? 

Pour ne pas alourdir notre bilan carbone, nous avons confié la réalisation à des équipes locales. On a pris une Japonaise pour tourner au Japon, un Australien pour tourner en Australie, etc. L’autre avantage est qu’ils apportent, en tant qu’autochtone, une vision et une perception locales de la nature qui n’est pas forcément la nôtre. On offre ainsi une variété de points de vue, évitant ainsi un regard trop européanisé. 

La musique qui accompagne les images est magnifique. Qui en est l’auteur ? 

Ma fille, Anja Fougea, qui est artiste compositrice, interprète. Elle avait travaillé en partie sur la musique de Méditerranée, l’odyssée pour la vie. Cette fois, elle l’a composée entièrement avec son compagnon, Thomas Chatel. 

Quel est votre prochain projet ? 

Je travaille sur un opus 4 du Plus Beau Pays du monde, prévu pour fin 2026. Après la métropole, nous allons nous intéresser à la faune sauvage des territoires ultramarins. 

Notre nouveau monde : quand la Terre nous surprend, mardi 8 juillet à 21h10 sur France 2

 

Par
Hacène Chouchaoui