« Mon mari m’a encouragée à le faire » : Ana Girardot dans un documentaire sur l’avortement clandestin ce soir

Publié le 14 janvier 2025 à 11:15
Ivanka Voisin / Starface
Ce soir, France 5 diffuse Il suffit d’écouter les femmes, un documentaire inédit narré par l'actrice dont la grand-mère est décédée en avortant il y a près de 60 ans.

Ce mardi 14 janvier à 21h05, en première partie de soirée, France 5 nous met dans la peau de nos mères, tantes ou grand-mère contraintes d’enfreindre la loi pour avorter. À l’occasion des 50 ans de la loi Veil, l’INA (l’Institut national de l’audiovisuel) a produit ce documentaire Il suffit d’écouter les femmes réalisé par Sonia Gonzalez, qui a proposé à Ana Girardot d’en être la narratrice. Pourquoi ?

Ana Girardot et son grand-père brisent le tabou

La grand-mère de l’actrice a perdu la vie en avortant clandestinement en 1968, un choix fait chaque année par environ 800 000 femmes à l’époque qui n’étaient pas en mesure de s’occuper d’un bébé. Ana Girardot a donc été appelée pour accompagner son grand-père Antonio, avec qui elle n’a jamais évoqué ce sujet auparavant. "Je ne me sentais pas tellement concernée. (…) Mon mari m’a encouragée à le faire. Il m’a dit que ce serait un moment qui resterait toute ma vie. Et, en effet, ça a été très fort. Ma grand-mère est tombée enceinte pour la troisième fois alors que sa carrière était prête à décoller. (…) Mon grand-père s’est senti très coupable. C’était important qu’il soit dans le documentaire. Il y a aussi des hommes qui ont traversé cette épreuve avec leurs femmes", raconte la comédienne dans Le Parisien.

"Prêtes à mourir plutôt que d’assumer une grossesse"

L’INA, qui a reçu 400 témoignages, a donné la parole à une quinzaine de femmes dans ce documentaire glaçant, qui nous replonge au temps où la honte et le tabou créaient des victimes et les jugeaient coupables, comme dans certains pays en 2025. "Certaines ont déjà des enfants, et à un moment donné, ne veulent plus en avoir. (…) Certaines sont jeunes, découvrent la sexualité, dont personne ne leur a parlé. Elles sont prêtes à mourir plutôt que d’assumer une grossesse. La société les rejette complètement. (…) À chaque fois que je vois le film, je suis prise par l’émotion. Il a été très long à enregistrer parce qu’à chaque fois, ma gorge se nouait. (…) De mon point de vue de jeune femme qui a vécu dans un monde où l’avortement était légal, rapide, presque sans douleur, c’est bouleversant", déclare Ana Girardot.

Par
Hugo Mallais