Avez-vous hésité à apporter votre témoignage ?
Marine Lorphelin : Non, au contraire j’estimais que par ma visibilité, je pourrais être une porte-parole pour que le documentaire ait encore plus de résonnance et d’impact.
Vous racontez une histoire qui fait froid dans le dos : alors qu’une patiente est anesthésiée, le chirurgien propose aux étudiants de s’exercer sur elle à un toucher vaginal ! Quelle est votre réaction ?
Sur le moment, il y a de la surprise, de la gêne et un manque de réaction de la part de tous les étudiants. On est tous choqués. Et dans l’équipe, il y a une forme d’omerta, parce que le chirurgien est le big boss, personne n’a envie de perdre son poste.
À lire également
Avez-vous, été victime de comportements déplacés ?
Durant mon stage en chirurgie, j’ai subi une forme de harcèlement : le fait d’avoir été Miss, médiatisée et jolie, ça en excitait certains. Heureusement, ça ne se passe pas comme ça dans tous les services, il y aussi des personnes bienveillantes et attentives.
Comment vous êtes-vous protégée ?
J’ai pris sur moi. Je me suis fait la plus discrète possible, pas de décolleté ni de talons, ni de maquillage…J’ai atténué tous les attributs de la féminité. J’ai aussi évité les soirées étudiantes qui avaient tendance à dégénérer.
Aujourd’hui, vous destinez-vous à une carrière médicale ?
Oui. Je suis médecin généraliste. J’ai exercé à la fin de mes études en Nouvelle-Calédonie. Depuis que je suis rentrée à Paris, je n’ai pas repris l’exercice libéral car je n’ai pas envie de faire ce métier à moitié. Je passe ma thèse et compte exercer certainement à la rentrée.
À lire également
Marie Portolano harcelée sexuellement par un rédacteur en chef : « Dis donc, t’as un cul… »
Le Magazine de la santé (France 5) dans lequel vous êtes chroniqueuse va s’arrêter. Le regrettez-vous ?
Oui car c’est une émission d’utilité publique et la santé est un sujet de société. Elle ne doit pas être qu’une chronique dans une émission. Même si pour ma part, j’ai la chance d’en avoir une dans Télématin.
Vous êtes une grande sportive et vous allez prochainement porter la flamme olympique. Vos impressions ?
Je suis honorée et j’ai hâte que ça arrive (ndlr : le 12 juillet à Dijon). Ce sera une grande fête, l’occasion de parler du sport et de se rassembler.
Des blouses pas si blanches, enquête sur les violences sexuelles et sexistes à l’hôpital, le dimanche 5 mai à 23h10 sur M6