Télé 7 Jours : Avec des plannings aussi chargés que les vôtres, comment avez-vous réussi à trouver 10 jours pour ce voyage gastronomique ?
Manu Payet : Je me suis dit au départ qu’on ne le ferait jamais par manque de temps. Et que si on tournait, on serait embêtés parce qu’on allait revenir en excédent bagages…
William Lebghil : Moi j’ai pris 4 kilos en deux semaines… Même peut-être plus ! Et je montais sur la balance à jeun !
Manu Payet : En deux semaines, n’oubliez pas ce détail (rires) !
Qui a choisi les adresses visitées dans ce A la poursuite du rougail saucisses ?
Manu Payet : J’ai mis des adresses que je connaissais, d’autres que William et moi avions faites l’année précédente ou il y a deux ans. C’est le fait de manger des choses très, très bonnes dans ces endroits qui nous as donné l’idée de ce documentaire. On s’est dit : "Il faut qu’on le fasse !" Tu n’appelles pas une société de production si tu ne te régales pas. Là, on avait envie que les gens voient des mecs comme François Malet. Il y en a marre de ne voir que nous !
William, pourquoi avoir dit oui à ce projet ?
William Lebghil : Parce que je pense être un bon client quand même…
Manu Payet l’interrompant : Le meilleur !
William Lebghil : J’adore manger. Je suis très gourmand et gourmet. Quand on me connaît, me proposer cette émission c’est vraiment un des plus beaux cadeaux qu’on puisse me faire. On fait un peu le tour de l’île mais le documentaire est aussi très centré sur les gens qu’on va rencontrer. Et ça, c’était bouleversant. Rencontrer tous ces cuisiniers et cuisinières, c’était vraiment trop beau !
Manu Payet : Je pense qu’un film est bien, quand la personne qui l’a réalisé a voulu montrer ses acteurs et pas pour qu’on lui dise à elle que son film est bon. Très humblement, et évidemment à notre échelle, nous avons voulu montrer dans ce documentaire le talent des personnes rencontrées et mettre de la lumière dans ces cuisines parfois mal éclairées. Là, au moment où je vous parle, ils sont en train de cuisiner. C’est génial ! Nous, on a chopé un moment de leur vie professionnelle. De leur vie tout court d’ailleurs car ils y mettent tellement du leur. Je voulais vraiment montrer les gens qui m’ont donné envie quand j’étais gamin. Quand je savais qu’on allait chez une de ces personnes-là enfant, même à deux heures de bagnole, je bondissais du lit !
L’émotion de Manu Payet en repensant à sa famille décédée
Ce voyage est un peu un journal intime pour vous Manu. Aviez-vous prévu de vous livrer autant ?
Manu Payet : Non, pas à ce point-là. Même pas du tout. C’est parce que j’étais en confiance avec William et filmé par Sébastien (Follin, ndlr). Ma grand-mère paternelle nous emmenait pique-niquer sur la plage de Grand Anse, par exemple. Elle n’est plus là, tout comme mon père. Tout le monde est parti… Quand je suis sur cette plage, je n’ai pas prévu de me livrer. Mais je ne vais pas au bout de l’histoire parce que la gorge se serre…
William Lebghil : La cuisine, ce sont des gestes qui se répètent depuis des centaines d’années. Il y a une notion de temps et ça ramène aussi très souvent à l’enfance. Je demande parfois à ma mère de me faire le plat que cuisinait mamie le dimanche. La cuisine te fait faire des bonds dans le temps. C’est un peu comme la DeLorean. Et ça (en montrant Manu Payet, ndlr), c’est mon Doc (rires) !
Manu Payet : Marty ! Nom de Zeus ! (rires).
William, qu’avez-vous découvert sur votre ami lors de ce voyage ?
William Lebghil : Une très grande sensibilité que j’ai trouvée bouleversante et une grande générosité. Il a aussi une grande curiosité.
Si vous deviez inverser les rôles, pour une éventuelle saison 2 par exemple, où emmèneriez-vous Manu Payet ?
William Lebghil : On y a pensé et je pense que ce serait l’Algérie même si je n’y suis jamais allé et je ne connais pas du tout cette gastronomie alors que je suis à moitié Algérien. Je découvrirais donc en même temps que Manu.
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L’importance de la cuisine pour Manu Payet et William Lebghil
La cuisine, c’est un exutoire pour vous deux entre deux tournages ?
William Lebghil : La cuisine, c’est une philosophie, de la méditation. Moi, j’adore. Ça démarre le matin avec une idée, une envie d’aller flâner au marché, de voir un produit qu’on aurait envie de cuisiner. On remonte chez soi avec ses petits ingrédients et on fait mijoter le tout pendant des heures. On sent les gens qui ont faim. Il y a les bruits et les odeurs. Les gens se mettent à table… C’est un processus très beau.
Manu Payet : La cuisine, ça libère aussi. Tu vois tout de suite le résultat, pas comme pour un film ou un spectacle. Mais il y a autant de pression. "Alors, ça vous plaît ? tu veux du sel ? Parce qu’il y en a hein !". Vous avez employé le mot exutoire, c’est vrai. Je compare toujours la cuisine avec la sérénité que semblent éprouver les golfeurs lorsqu’ils tapent des balles. Quand je me mets à cuisiner, je ne pense plus qu’à ça : taper la petite balle blanche pour qu’elle aille le plus loin possible.
Manu, vous avez sorti en 2023 un guide de restaurants à Paris avec des amis – La Traversée de Paris – Un guide pas du tout objectif de nos plats préférés (Editions JC Lattès) coécrit avec Caroline De Maigret, Gwilherm de Cerval et Zazie Tavitian. Avez-vous pensé à sortir un tel ouvrage avec les adresses réunionnaises vues dans A la poursuite du rougail saucisses ?
Manu Payet : Ecoutez, vous venez de nous donner l’idée ! Vous voulez quoi sur les droits ? On peut s’arranger (rires) !
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A la poursuite du rougail saucisses est à voir ce mercredi soir à partir de 23h55 sur Canal+