Louxor et les prêtresses du dieu Amon (France 5) – Le véritable pouvoir des femmes de l’Egypte antique

Publié le 22 janvier 2026 à 9:18
© At Land Productions
À Louxor, des fouilles récentes ont mis en lumière le pouvoir acquis par certaines femmes, des prêtresses considérées un temps comme l’équivalent des pharaons.

L’endroit se nomme Le Triangle. Il est situé sur la rive ouest du Nil, à Louxor. Chaque matin, des touristes le survolent en ballon dirigeable. Vu de là-haut, le site ne semble pas avoir grand intérêt. Du sable, de la poussière… C’est pourtant là que le très médiatique égyptologue Zahi Hawass, directeur de fouilles, chapeau de cow-boy sur la tête en clin d’oeil très appuyé à Indiana Jones, a lancé, en 2020, une nouvelle campagne de recherches. Son rêve ? Découvrir une sépulture inviolée, l’équivalent du tombeau de Toutânkhamon, dans ce secteur. Et le bonhomme a du nez, ou d’excellents conseillers… Car, très vite, les ouvriers affectés au chantier vont mettre la main sur des indices (céramiques brisées, résidus de lin…) associés généralement à la présence de sépultures.

Comme l’explique, dans le documentaire, l’historienne Virginie Girod (Secrets d’Histoire, sur France 3, Au coeur de l’Histoire, sur Europe 1), il n’est pas rare de tomber sur un site funéraire lorsque l’on effectue des fouilles en Égypte. Ce qui est plus rare, en revanche, c’est de trouver des sépultures intactes, n’ayant pas été pillées au fil des siècles, et de pouvoir identifier celles et ceux qui y étaient enterrés. « Les tombeaux en Égypte sont comme des capsules témoins. Ils conservent des informations sur des millénaires, qui nous permettent de comprendre la vie des Égyptiens de l’époque. » Dans Le Triangle, les archéologues se concentrent sur une sépulture prometteuse, la tombe dite numéro 6, et, au début de l’année 2023, l’équipe va découvrir de petits objets, des statuettes sculptées (photo du milieu, en bas), qui vont permettre de dater leur découverte. Et de se rendre compte qu’ils ont peut-être trouvé un trésor… 

DES FEMMES AYANT LE POUVOIR D’UN PAPE 

Il ne s’agit pas un trésor dans le sens financier, mais plutôt historique, puisque ces objets, leur facture, leur allure, permettent de les relier à la 25e dynastie des pharaons, les Kouchites ou Koushites. Des rois venus du Sud, de Nubie (aujourd’hui le Soudan), ayant profité de l’affaiblissement de la dynastie précédente pour s’emparer de la Haute-Égypte. La particularité de ces Kouchites, c’est le statut de la femme. Leur société est matrilinéaire. Le statut social est donc défini par celui de la mère, et non du père. Une révolution chez les pharaons. 

Ainsi, sous le règne des différents pharaons Kouchites, s’étalant de 747 à 656 avant Jésus-Christ, est réactivé l’ancien titre de « divine adoratrice d’Amon », donnant à certaines femmes l’équivalent du statut de quasi vice-roi. « Pour donner un point de comparaison, explique Virginie Girod, faisant référence au pouvoir politique mais aussi religieux des souverains, elles étaient plus ou moins comme des papes. » Selon la tradition, nul roi ne peut les révoquer, et ces femmes ont une vraie indépendance financière et politique. Dans Le Triangle, les archéologues redoublent d’effort pour identifier la personne ayant bénéficié de cette sépulture, espérant que ce soit une femme. Ont-ils réussi ? Réponse à la fin de ce documentaire… 

Louxor et les prêtresses du dieu Amon, jeudi 22 janvier à 21h00 sur France 5

Par
Frédérick Rapilly