Liza Minnelli, la dernière héritière d’Hollywood (Arte) – Ce coup de pouce de Charles Aznavour qui a tout changé dans la carrière de la star américaine

Publié le 27 juillet 2025 à 12:04
© ABC Photo Archives / Disney G
Née dans le sérail, la fille de l’actrice et chanteuse Judy Garland et du réalisateur Vincente Minnelli a réussi à se dépasser pour s’imposer, elle aussi, en tant qu’artiste. Son parcours est retracé dans ce doc inédit. 

“J’apprenais des chansons faute de pouvoir me faire des amis, raconte Liza Minnelli face à la caméra, dans ce documentaire qui lui est consacré. Cela me permettait d’avoir des émotions." Avant de devenir à son tour, comme sa mère Judy Garland, une star du cinéma et des comédies musicales, Liza (avec un « z », comme elle le précise dans sa chanson Say Liza) a été une enfant d’Hollywood, brinqueballée avec sa soeur et son frère (« J’ai fait vingt-deux écoles différentes ! »), mais chérie, aimée et accueillie un peu partout. 

Après l’école, sur son vélo, elle fait le tour des studios de la MGM, où travaillent son père, sa mère et les amis de sa famille, comme un certain Gene Kelly. C’est d’ailleurs lui, l’acteur et danseur d’Un Américain à Paris et de Chantons sous la pluie, qui l’a fait débuter devant les caméras, en l’invitant dans son show télévisé, pour chanter For Me and My Gal. Elle n’a alors que 13 ans. Liza comprend vite que c’est sur scène qu’elle veut être, qu’elle veut vivre. La musique, le chant et la danse vont lui donner une direction, une colonne vertébrale, comme l’explique le documentaire. 

Mais quand on est la fille de Judy Garland, héroïne du Magicien d’Oz, interprète du classique Over the Rainbow et d’Une étoile est née, il faut cravacher encore plus dur pour se faire une place. Liza raconte qu’elle est « victime » du syndrome « Ben oui… » En gros, si elle passe un casting et qu’elle est bonne, c’est forcément parce qu’elle est la fille de sa mère, pas parce qu’elle a du talent… Et si elle n’est pas bonne, c’est parce qu’elle est aussi la fille de sa mère, et qu’elle s’est crue arrivée parce qu’elle appartient au sérail. 

LE COUP DE POUCE DE CHARLES AZNAVOUR 

Quand elle décroche son premier contrat dans une comédie musicale à Broadway, Best Foot Forward, elle n’a que 17 ans. Sa mère, sujette à des phases dépressives, lui fait alors un chantage affectif, lui enjoignant de la rejoindre toute affaire cessante. Liza répond : « Maman, j’ai un contrat. » Judy lui dit : « Déchire-le. » Liza refuse, sachant que, de ce contrat, dépend peut-être, sans doute, toute la suite de sa carrière. Devenue chanteuse, performeuse, il lui faut trouver sa singularité. C’est Charles Aznavour qui va la lui donner. 

« Un soir, je vois ce petit homme sur scène. Je croyais qu’il ne chantait que pour moi. Je me suis dit : “C’est ça que je veux faire.” » Il va lui apprendre l’art de s’inventer des personnages pour chaque interprétation. Des leçons qu’elle met à profit pour interpréter l’inoubliable rôle de Sally Bowles dans le film Cabaret (1972), de Bob Fosse, récompensé par un Oscar. Comme sa mère avant elle. Et comme son père. Quelques années plus tard, Martin Scorsese lui offre le deuxième grand rôle de sa vie avec New York, New York, au côté de Robert De Niro. La chanson tirée du film, avec son texte sur l’envie de réussir, de se faire un nom, deviendra sa chanson signature… « Start spreading the news / You’re leaving today / I want to be part of it / New York, New York ! »  

Liza Minnelli, la dernière héritière d’Hollywood, dimanche 27 juillet à 22h45 sur Arte 

Par
Sarah Ibri