Quand on évoque Léonard de Vinci, on pense en premier lieu à ses inventions avant-gardistes et à La Joconde. Mais les compétences du maître italien dépassent largement le cadre de l’ingénierie et de la peinture. Son savoir, encyclopédique, s’étend à l’architecture, la musique, la mise en scène et la médecine. Son héritage est encore bien présent dans notre quotidien. Par exemple : la notice de montage de meubles. Il fut le premier à proposer la vue d’un objet « en éclaté ». Des croquis, réalisés en 1480, montrent ses créations en trois dimensions, ce qui permet une observation sous plusieurs angles. On peut dire qu’il est l’inventeur du dessin industriel.
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UN AUTODIDACTE À LA CURIOSITÉ INSATIABLE
Léonard de Vinci voit le jour en 1452, en Toscane. Fils illégitime d’un notaire et d’une servante, il ne peut prétendre à une éducation noble. L’enfant grandit auprès de son grand-père paternel, à la campagne. Celui-ci lui apprend à lire. Jusqu’à ses 13 ans, Léonard passe ses journées à courir les bois et les coteaux. Il s’adonne à la contemplation de la nature, développant un sens aigu de l’observation, qui sera le moteur de ses recherches. L’art ne sera pour lui qu’un moyen d’investiguer les mystères de la vie.
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Son oncle Francesco ayant remarqué ses aptitudes au dessin, convainc son père de le placer comme apprenti dans l’atelier du peintre Verrocchio. En quelques années, sa renommée parvient jusqu’à Milan et Rome, et sa carrière s’envole. La curiosité de Léonard de Vinci est sans limite. Il s’intéresse à l’anatomie, pratique des dissections. Il met en lumière le rôle du coeur dans la circulation sanguine. Une fonction que, depuis l’Antiquité, on attribuait au foie. Il est le premier à décrire une athérosclérose coronarienne, et réalise même le modèle en verre, très réaliste, d’une valve cardiaque. Ses planches anatomiques sont encore aujourd’hui une référence. Prophétique, il note dans ses carnets : « Mes dessins sont comme les cartes d’un atlas géographique, car ils serviront à naviguer, à voyager à l’intérieur du corps humain. » Il étudie aussi l’optique, la physique, et pressent, avant Galilée et Newton, la force gravitationnelle. N’ayant pas suivi de cursus universitaire, il a un certain complexe qui explique, sans doute, pourquoi il ne publiera jamais, privilégiant le dessin à l’écrit.
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“LA JOCONDE” OU LA QUÊTE DE PERFECTION
Au XVe siècle, les peintres sont encore considérés comme des artisans au service de leurs mécènes. Léonard de Vinci s’en affranchit. Il va transcender son art, en y apportant la dimension visionnaire, poétique et philosophique qu’on lui prête aujourd’hui. Sa quête de la perfection est matérialisée par La Joconde, sa plus célèbre toile. Le peintre va retoucher jusqu’à la fin de sa vie (en 1519, à Amboise) cette oeuvre de commande, y mettant tout le savoir qu’il a engrangé. Ce qui devait être un simple portrait sera le testament artistique du peintre. Il y a déposé, pour l’éternité, toute la beauté du monde.
Léonard de Vinci, samedi 19 avril à 20h55 sur Arte