En route ! Quand la Nationale 7 révolutionna la gastronomie française (France3) – 5 choses à savoir sur cette route qui a façonné notre identité culinaire

Publié le 25 juin 2025 à 13:32
Gaumont Pathé Archives © Antipode
Racontée par Juliette Armanet, cette épopée remonte le temps et explique comment cet axe routier a façonné l’identité culinaire française. 

À la découverte des régions 

Elle traverse la France, de Paris à Menton, sur près de 1000 kilomètres. Des millions de Français ont emprunté la célèbre Nationale 7 pour partir en vacances en été. Tout au long de cette route mythique, des restaurants gastronomiques se sont établis entre le début du XXe siècle et les Trente Glorieuses. Et la plupart des cuisiniers installés sur cet axe étaient issus des différentes régions traversées.

Pas encore star 

L’origine de la Nationale 7 remonte à la Gaule romaine. Pendant longtemps, elle n’est restée qu’un insignifiant chemin de terre. « En 1900, elle n’est qu’un numéro, explique le dessinateur Thierry Dubois. Il n’y a pas du tout de mythe de la route des vacances. » Car, à cette époque, seuls les riches vacanciers se rendent sur la Côte d’Azur et uniquement en train. L’automobile n’en est qu’à ses balbutiements. Il n’y en a que trois mille en France…

Guide suprême 

Les frères Michelin mettent au point, à la fin du XIXe siècle, le fameux pneumatique et, peu après, un guide pratique pour les automobilistes : les endroits où l’on peut trouver du carburant, un mécanicien et des plans de villes. « Ce guide est révolutionnaire, parce qu’il rassure et vous donne envie de voyager », explique Stéphane Nicolas, responsable du patrimoine Michelin. En permettant l’essor du tourisme automobile, il va ouvrir la voie aux étapes gastronomiques

Passage obligé 

En 1923, on compte un demi-million de voitures en France. Et l’axe qui voit défiler le plus de voitures est la Nationale 7, qui relie donc Paris à la Côte d’Azur. En chemin, on passe à Montargis, Nevers et, au terme d’une journée de route, on arrive à Roanne, dans la Loire. Parmi ceux qui sentent l’opportunité offerte par la Nationale 7, on trouve la famille Troisgros. « Il y avait un garage Citroën juste en face du restaurant, raconte Michel Troisgros, petit-fils de César. L’idée c’était : j’arrive de Paris, je laisse ma voiture en face pour vérifi er les niveaux et, pendant ce temps, je déjeune chez Troisgros… »

Symbole de la joie 

À la fin des années 50, la France dénombrera 6,2 millions de voitures, soit une pour 7 habitants. Avec l’arrivée de la troisième semaine de congés payés, obtenue en 1956, des millions de Français peuvent partir en vacances. « Et la Nationale 7 a amené la joie, confie Patrick Henriroux, chef du restaurant La Pyramide, à Vienne (Isère). Celle de prendre sa Citroën 2 CV et de se poser pour un piquenique le long de la nationale… »

En route ! Quand la Nationale 7 révolutionna la gastronomie française, mercredi 25 juin à 21h05 sur France 3

Par
Thomas Gaetner