Difficile de l’ignorer, c’est un Français, Jean-François Champollion, qui a permis le 27 septembre 1822 de percer le mystère des hiéroglyphes en travaillant sur des calques réalisés sur la pierre de Rosette, où figurait un même texte écrit en grec ancien, en égyptien démotique et en hiéroglyphes. Avec le temps, l’écriture utilisée à l’époque des pharaons avait fini par devenir cryptique, et personne ne pouvait plus la déchiffrer. Ce fait est connu, mais c’est loin d’être le seul qui rattache l’Égypte à la France, donnant lieu à ce que l’on a appelé et appelle encore l’égyptomanie. Une passion, un penchant qui décrit la fascination au XIXe siècle pour l’Égypte antique.
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Un prof français épris des pharaons
L’égyptologue toulousaine Amandine Marshall, auteure de plusieurs ouvrages, le rappelle ce soir : « Auguste Mariette, qui est une sorte de mélange entre Jean Gabin et Indiana Jones, est le premier à avoir compris qu’il fallait protéger le patrimoine de l’Égypte ancienne. » Ce professeur quitte son collège et se fait employer au Louvre, car il s’est entiché des pharaons, au point d’étudier les hiéroglyphes et d’apprendre le copte, dérivé de la langue parlée dans l’Égypte ancienne. En 1850, il est envoyé au Caire par le Louvre pour acheter des manuscrits, mais, très vite, il prend la tangente et utilise l’argent qu’on lui a donné pour lancer des fouilles sur un site, près des pyramides, celui de Saqqarah. Là-bas, il découvre une gigantesque nécropole enfouie : le sérapéum. Un lieu impressionnant, digne d’un film d’Indiana Jones, comme le montre une séquence révélant des sarcophages dont le plus léger ne pèse pas moins de 65 tonnes. Chacun contient des restes de taureaux sacrés, momifiés comme les pharaons. Après sa découverte, Auguste Mariette décide de s’investir pour protéger ces trésors des pilleurs : « Il nous incombe de veiller avec soin sur les monuments. Dans cinq cents ans, l’Égypte sera-t-elle encore en mesure de montrer ceux-ci aux érudits qui la visiteront tels que nous les découvrons aujourd’hui ? » En reconnaissance, le vice-roi lui accordera le titre de pacha avant sa mort, au Caire, en 1881.
L’Obélisque, un cadeau royal fait à la France
Une autre trace de ce lien qui unit la France à l’Égypte antique est le monument trônant place de la Concorde, le plus ancien de Paris : l’obélisque de Louxor. Restaurée récemment, cette flèche en syénite de 23 mètres de haut, érigée afin de perpétuer le nom du pharaon Ramsès II, est installée là même où Louis XVI a été guillotiné. Le documentaire le rappelle et le montre : il aura fallu un bateau spécial et cinq années pour que l’obélisque soit déplacé depuis Louxor (à 700 kilomètres de l’embouchure du Nil) et érigé à Paris avec l’aide de plus de 350 hommes. Un travail de titan. En 1981, la France renonça officiellement à prendre possession du deuxième obélisque, lui aussi offert, en 1830, par Méhémet-Ali, le vice-roi d’Égypte, mais resté à Louxor, où l’on peut l’admirer.
Des racines et des ailes : mercredi 28 septembre à 21h10 sur France 3
Frédérick Rapilly