Esprit de revanche
Charles de Gaulle voit le jour à Lille le 22 novembre 1890. L’enfant grandit dans une famille où domine la ferveur patriotique. Henri, son père, professeur agrégé de lettres et d’histoire, a combattu durant la guerre de 1870 avec le grade de sous-lieutenant. Comme beaucoup de Français, les de Gaulle sont marqués par la défaite et l’humiliation consécutive à la perte de l’Alsace-Lorraine. Le jeune Charles rêve de revanche. Il se passionne pour la chose militaire et se destine aux métiers des armes.
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Élève d’élite, à défaut de tireur
En 1909, il présente le concours d’entrée à l’école militaire de Saint-Cyr. Il se classe 119e sur 221, quand Alphonse Juin, futur maréchal de France, obtient la 7e place. Sa haute taille (1,96 m) lui vaut le surnom de « double mètre ». Très vite, sa force de caractère et son autorité naturelle s’imposent à ses camarades, qui ne l’appellent plus que « le connétable ». Le jeune homme se montre doué dans les matières classiques, mais se révèle un médiocre tireur à l’exercice. En 1912, il sort diplômé en se classant treizième de sa promotion.
Quand de Gaulle rencontre Pétain
Sous-lieutenant, Charles de Gaulle rejoint, à la sortie de Saint-Cyr, le 33e régiment d’infanterie stationné à Arras, sous les ordres du colonel Philippe Pétain. Ce dernier est alors placardisé pour des idées qui vont à l’encontre de l’état-major. Pétain est séduit par le jeune de Gaulle qui, de par son classement, aurait pu choisir la cavalerie, plus prestigieuse, mais a préféré l’infanterie pour être en première ligne en cas de conflit. Quant à de Gaulle, il est fasciné par l’indépendance d’esprit de cet officier.
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Chef courageux et intrépide
Quand la guerre éclate, de Gaulle est lieutenant. Il combat avec courage sur le front, notamment à Dinant (Belgique) où, le 15 août 1914, il tente d’empêcher les Allemands de prendre pied sur la rive gauche de la Meuse. Il est blessé au genou et évacué. Hospitalisé, le jeune homme n’a qu’une hâte : repartir au combat. Promu capitaine en 1915, il participe l’année suivante à la bataille de Verdun. Lors d’un assaut, il reçoit un coup de baïonnette et est laissé pour mort. Capturé, il est transféré en Allemagne.
Prisonnier retors
Charles de Gaulle passe deux ans en captivité. Comme le capitaine de Boeldieu, joué par Pierre Fresnay dans La Grande Illusion, de Gaulle nargue ses geôliers et se montre retors. Il tente à cinq reprises de s’évader, sans succès. L’armistice de 1918 laisse le jeune capitaine amer de n’avoir pu participer activement à la victoire. Il ne sait pas encore que l’Histoire lui réserve un autre destin…
De Gaulle, le commencement, mardi 11 novembre à 21h10 sur France 2