Ce vendredi 6 juin à 19h45, Laurent Ruquier a donné le coup d’envoi de T18, la nouvelle chaîne gratuite qui bouleverse le paysage audiovisuel français. Avec un budget de 30 millions d’euros et l’ambition de réconcilier culture et divertissement populaire, cette chaîne promet de transformer notre façon de regarder la télévision.
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“Bienvenue sur T18. Je suis le premier à avoir la chance de prononcer cette phrase”, a lancé Laurent Ruquier.
Le lancement de T18 s’est déroulé pile à l’heure avec l’animateur vedette à l’écran, accompagné d’Ava Djamshidi et Matthieu Croissandeau, les trois “visages” de cette chaîne qui promet de “s’adresser à l’intelligence des téléspectateurs sans leur prendre la tête”. Valérie Salomon, présidente de CMI France (groupe propriétaire de Elle, Version Femina, Télé 7 Jours), Denis Olivennes et Christopher Baldelli ont symboliquement “poussé la manette” depuis la régie pour mettre la chaîne à l’antenne, dans une ambiance décontractée et sobre, loin du bling-bling habituel.
L’animatrice Julie Andrieu, en direct depuis Venise, où elle est en tournage pour T18, présentera une émission culinaire et de voyage. Le premier épisode sera sur Rome. “L’idée est de sortir des circuits balisés touristiques”. Une programmation qui s’annonce prometteuse pour la nouvelle chaîne qui mise sur “3000 heures de documentaires par an”, mêlant histoire, arts de vivre et documentaires sociétaux pour habiller ses soirées thématiques.
Une naissance historique dans le paysage télévisuel français
L’événement est rare dans l’audiovisuel hexagonal : une nouvelle chaîne de télévision gratuite voit le jour sur la TNT. Il n’y en avait pas eu depuis le lancement de France Info en 2016. T18, propriété du groupe CMI de Daniel Kretinsky, s’installe sur le canal 18 pour remplacer C8 et NRJ12, dont les fréquences n’ont pas été renouvelées par l’Arcom.
Cette révolution télévisuelle s’accompagne d’un bouleversement complet de la numérotation des chaînes. Dans la nuit du 5 au 6 juin, plusieurs chaînes ont changé de numéro, notamment les chaînes d’information qui ont été regroupées dans un bloc cohérent. BFMTV et CNews passent des canaux 15 et 16 aux canaux 13 et 14, tandis que LCI et franceinfo s’installent respectivement aux canaux 15 et 16.
Le pari culturel de la "télé qui s’amuse à réfléchir"
T18 se positionne avec un slogan évocateur : “La télé qui s’amuse à réfléchir”. Christopher Baldelli, ancien directeur de France 2 et RTL, dessine les contours d’une chaîne ambitieuse : “Notre actionnaire n’est pas du tout interventionniste. Nous avons bénéficié d’une grande confiance et d’une vraie liberté dans la mise en place de cette chaîne. Elle ne sera ni élitiste ni trash et trouvera un public sans avoir recours au clash systématique.”
La programmation révèle cette volonté de réconcilier exigence et accessibilité. Dès samedi 7 juin, la chaîne mise sur la culture avec la diffusion de la pièce de théâtre “Ramsès II”, portée par François Berléand, Éric Elmosnino et Évelyne Buyle. Le dimanche suivant, place au cinéma d’auteur avec “Everything Everywhere All at Once”, le film aux sept Oscars avec Michelle Yeoh.
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La chaîne s’est engagée auprès de l’Arcom à diffuser des programmes inédits ambitieux : au moins 3 000 heures de documentaires, 1 000 heures de magazines d’information, 20 films d’art et essai et 25 captations de spectacles vivants en première partie de soirée.
Laurent Ruquier et les nouvelles têtes d’affiche
Laurent Ruquier incarne le visage de cette renaissance télévisuelle. L’animateur des “Grosses Têtes” a ainsi assuré le lancement de la chaîne avant de prendre les rênes de “Chez Ruquier”, une émission culturelle hebdomadaire diffusée chaque samedi à 20h dès le 14 juin. En direct, Laurent Ruquier s’est d’ailleurs excusé de manière humoristique sur la non modestie de ce nom d’émission.
Deux autres figures complètent le trio de têtes d’affiche. Ava Djamshidi, rédactrice en chef du magazine “Elle”, animera chaque lundi “(En)quête de sens”, un débat d’une demi-heure sur les questions d’actualité ou de société après la diffusion d’un film ou documentaire. Matthieu Croissandeau, ancien directeur de la rédaction de “L’Obs” et éditorialiste sur BFMTV et Public Sénat, modérera “Pour tout dire”, un débat quotidien de quatre-vingt-dix minutes programmé à 22h30 du lundi au vendredi, avec des échanges sur la politique, la géopolitique, la société et l’économie.