Miss Mayotte 2025 : L’élection tourne au fiasco, le délégué régional démissionne

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:35
Instagram Miss Mayotte
L'élection de Miss Mayotte 2025 a viré au cauchemar organisationnel. Problèmes techniques, coup de colère viral d'un représentant Miss France et démission du délégué régional : retour sur une soirée devenue symbole des difficultés du territoire.

Entre problèmes techniques et coup de colère d’un représentant Miss France, l’organisation chaotique pousse le délégué régional Benucci Attoumani à jeter l’éponge.

Quand l’élection de Miss Mayotte vire au cauchemar 

Le samedi 30 août dernier, le Pôle Culturel de Chirongui était censé accueillir une soirée festive pour élire Miss Mayotte 2025. Malgré la présence prestigieuse d’Angélique Angarni-Filopon, l’actuelle Miss France, l’événement a rapidement basculé dans le chaos. La succession de dysfonctionnements techniques a transformé ce qui devait être une célébration en véritable fiasco.

Les problèmes ont commencé dès la diffusion. Aucun diffuseur local – ni Mayotte la 1ère, ni Kwezi TV – n’avait accepté de retransmettre l’événement, suite à un différend avec le diffuseur prévu. L’organisation s’est donc contentée d’une unique diffusion sur les réseaux sociaux, loin des standards habituels des concours régionaux Miss France.

Dans cette petite salle de spectacle, les couacs se sont enchaînés : portraits des candidates non diffusés sur grand écran, écran affichant le logo du rétroprojecteur au lieu des visuels prévus… Une accumulation de problèmes techniques qui a fini par faire craquer Bérenger Mirc, office manager de la société Miss France et membre du jury.

"J’ai parfois l’impression de ne pas être en France" : le coup de gueule viral

C’est au moment de la présentation des candidates que la patience de Bérenger Mirc a atteint ses limites. Prenant le micro depuis la table du jury, il a d’abord exprimé ses reproches concernant l’organisation : "S’il y a besoin d’aide en régie, j’y vais volontiers. Mais là, ce à quoi j’assiste m’attriste profondément. J’ai envie de savoir pour qui je vais voter, j’ai envie de savoir qui potentiellement représente la France, et pas juste l’île de Mayotte".

Mais son discours a rapidement pris une dimension politique. "Quand je circule sur votre île, j’ai parfois l’impression de ne pas être en France. Je ne sais pas ce que fait l’État pour Mayotte", a-t-il lancé devant l’assemblée médusée.

Son appel direct aux autorités a marqué les esprits : "S’il vous plaît, réveillez-vous. Il est temps de faire quelque chose pour cette île de l’océan Indien qui est, je le répète, française. Je ne devrais pas avoir l’impression de rouler en Inde quand je suis chez vous". Ajoutant même : "C’est catastrophique. J’ai l’impression d’être dans un autre monde."

La séquence, rapidement relayée sur TikTok, est devenue virale.

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Démission et mea culpa

Face à l’ampleur du fiasco, les réactions n’ont pas tardé. Benucci Attoumani, le délégué régional de Miss Mayotte, a présenté sa démission dès le lundi suivant, "dans un élan de lucidité" selon Frédéric Gilbert, président de la société Miss France.

Dans un communiqué entre mea culpa et mise au point, l’ex-délégué régional reconnaît ses torts : "Je reconnais d’emblée que cette édition a connu des manquements organisationnels, tant en amont que le soir même de l’élection et j’en assume la pleine responsabilité". Il justifie néanmoins une partie des problèmes par des changements imposés à la dernière minute par "certains élus du Sud", perturbant le programme prévu : "Je reconnais que ces perturbations externes, conjuguées à certains manquements techniques du comité, ont contribué aux insuffisances constatées lors de l’édition."

Saluant le travail des prestataires, Benucci Attoumani déplore que "des entreprises privées se montrent plus impliquées et dévouées dans l’accompagnement d’un événement d’une telle envergure que certaines institutions publiques." Il assure également qu’il n’y avait pas "d‘intention de nuire à l’image de Mayotte".

Du côté de la société Miss France, Frédéric Gilbert confirme que la soirée n’était "pas au niveau de ce qu’on peut attendre d’un concours régional", évoquant des "couacs, problèmes techniques et dysfonctionnements". S’il ne condamne pas les propos de Bérenger Mirc, il rappelle que le concours se veut "apolitique" et reconnaît que son collaborateur est "sorti du cadre" dans "une réaction à chaud".

Les difficultés organisationnelles s’expliquent en partie par la situation économique locale, fragilisée depuis le passage du cyclone Chido en décembre 2024. Les concours régionaux fonctionnent habituellement grâce aux partenariats avec les entreprises locales qui financent l’événement en échange de visibilité. À Mayotte, ces ressources semblent avoir fait défaut.

Malgré ce chaos organisationnel, une Miss Mayotte a tout de même été désignée à l’issue de cette soirée mémorable : il s’agit de Kamillat Hervian, qui représentera désormais le territoire dans la course au titre de Miss France 2026.

Par
Mélissa Tellaa