« J’avais juste envie de casser la gueule à la maladie » : Clémentine Célarié revient sans tabou sur son combat contre le cancer

Publié le 30 novembre 2023 à 15:44
Courdji Sebastien/ABACA
Son triomphe avec Les Randonneuses, sur TF1, son combat contre le cancer et ses innombrables projets sont de véritables manifestes de sa pulsion de vie… Pour toutes ces raisons, et bien d’autre, Clémentine Célarié est notre Femme de l’année !

Qu’est-ce que ça vous fait d’être notre Femme de l’année 2023 ?

Clémentine Célarié Je n’arrive pas à y croire ! Si je me laissais aller, je pleurerais un peu… Pour moi, Télé 7 Jours représente le peuple. Et moi, je suis une actrice populaire, et fière de l’être ! Je suis d’autant plus touchée que ce prix est notamment lié aux Randonneuses (série diffusée en mai dernier, sur TF1, ndlr) et au cancer. Et ça jette la lumière sur cette putain de maladie ! D’ailleurs, j’aurais aimé que ce soit Femmes de l’année, au pluriel, car, à travers cette récompense, je représente toutes les autres.

Depuis que l’on vous a diagnostiqué un cancer du colon, en 2019, vous mettez un point d’honneur à en parler…

Il le faut ! Plus on en parlera, plus ça aidera les gens qui traversent cette épreuve. C’est aussi très important de dédramatiser. Et puis, il y a différentes sortes de cancers. Quand j’ai su que le mien était opérable, on a fêté ça au champagne ! Ce n’était pas du déni, j’avais juste envie de casser la gueule à la maladie. Ça engendre une urgence de vivre. Et je suis heureuse d’être associée à cela, car ça me permet de mettre en avant quelque chose qui, j’ai remarqué, reste très tabou.

C’est pour cette raison que vous avez écrit le livre Les Mots défendus (Albin Michel, en 2021) ?

Oui, je voulais ouvrir une porte, et qu’elle reste ouverte sur l’espoir, les projets et la lumière… D’ailleurs, je vais écrire un autre livre, sur mon métier et ma passion, et je ne pourrai pas m’empêcher de reparler du cancer. Ou plutôt de ce qui se passe après. Car il y a, incontestablement, un avant et un après. C’est comme un casier judiciaire.

Vous avez aussi pour projet d’adapter Les Mots défendus

Je ne sais pas encore si ce sera une série ou un film. C’est Éléonore Faucher qui devait le réaliser. Elle était venue me voir, il y a deux ans, pour me dire qu’elle avait adoré mon livre et qu’elle souhaitait l’adapter. C’était une rencontre extraordinaire. Malheureusement, elle est décédée, du cancer, en août dernier. Quand sa fille m’a appris la nouvelle, j ’ai appelé la productrice et je lui ai dit : « On va poursuivre ce projet, pour elle… »

Vous êtes également très engagée dans la lutte contre la maladie de Charcot, et on se souvient tous du baiser que vous aviez donné, à la télévision, en 1994, à un homme séropositif… C’est dans votre ADN de vous battre ?

Ce jour-là, sur le plateau du premier Sidaction, j’ai cru que tout le monde allait s’embrasser. Je suis utopiste à ce point… C’était normal de faire ça, et ça l’est toujours. Pour moi, être vivant, c’est être solidaire. J’ai eu une éducation catholique, j’admirais Jésus et ses valeurs altruistes. C’est peut-être lié, peut-être pas… Je suis obsédée par la bonté. On me demande souvent pourquoi je fais ça. Du coup, je réfléchis. J’ai sûrement quelque chose à me faire pardonner d’une ancienne vie. Mais je crois, surtout, que ça vient de maman, qui est très généreuse. Papa, qui n’est plus là, l’était aussi.

L’interview complète de Clémentine Célarié est à retrouver en intégralité dans le prochain numéro du magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques ce lundi 4 décembre.

Par
Camille Sanson