France Télévisions essuie de plus en plus de critiques. Depuis plusieurs mois, le groupe audiovisuel suscite de nombreux débats, certains appelant même à une privatisation pure et simple du service public. Ce discours est notamment courant du côté de CNews, dont les intervenants ne se font jamais prier pour critiquer ouvertement leurs confrères. En juin dernier par exemple, Pascal Praud s’était emporté contre Delphine Ernotte, la PDG de France Télévisions, après son passage quand Quotidien où elle avait répondu aux attaques de CNews : "Nous, à France Télévisons, on invite tout le monde. Il n’y a pas de débat là-dessus. On publie la liste de nos invités. On s’adresse à tout le monde. Il y a des gens qui nous font des critiques qui sont justifiées. Mais ce que vous montrez ce n’est pas ça, ce ne sont pas des critiques, c’est une forme d’acharnement, de harcèlement du groupe public. C’est discréditer le premier groupe audiovisuel français et aussi ceux qui nous regardent."
Laurent Delahousse défend France Télévisions
Ce à quoi le présentateur vedette avait rétorqué : "Madame Ernotte est une menteuse ! Madame Ernotte est une menteuse ! Avec l’argent des Français. Quand elle dit qu’elle invite tout le monde, elle n’invite personne. Elle était grotesque. Elle était en train de chanter sur le plateau, on apprend qu’elle fait de la poterie. Non mais vraiment ! Et cette femme est PDG de France Télévisions. C’était vraiment grotesque ! Ces gens-là sont… C’est effrayant."
À lire également
Dans un entretien accordé à La Tribune, Laurent Delahousse a tenu à prendre la défense de France Télévisions : "Je m’exprime très rarement en interview, car mon rôle est d’être le plus équilibré possible publiquement. Vous savez, le service public appartient à tout le monde et à personne. On entend parfois certains dire : ‘Le service public vit de mes impôts, donc il doit être comme je le décide.’ Comment satisfaire tout le monde dans ce cas ? C’est impossible. Le service public, c’est une maison commune. Quels sont encore les liens qui nous unissent ? Ça n’est pas qu’une question d’audiovisuel public, ouvrons bien les yeux."
"C’est injuste, voire irrationnel"
Sans nommer directement les détracteurs du service public, Laurent Delahousse a estimé que les critiques à répétition n’étaient pas justifiée : "Certains s’attaquent même de plus en plus à la démocratie, notre ‘grande maison commune’. Serait-elle devenue une variable d’ajustement ? Voilà où nous en sommes. Donc, oui, les critiques sont naturelles et même nécessaires. Mais aujourd’hui, elles sont aussi excessives et organisées. C’est injuste, voire irrationnel, quand j’observe de près le travail des salariés de France Télévisions au quotidien."