On vous a proposé le costume d’Alien ?
Oui, on ne m’a pas trop laissé le choix ! La production avait une bonne idée du costume qui allait m’aller et ils avaient raison, ça m’a permis de faire des choses assez rock’n’roll, avec un univers spécifique. J’ai toujours aimé dessiner notamment des vêtements, c’est une passion. Donc je suis beaucoup intervenue dans le choix des matières, j’ai créé avec eux, j’ai donné plein d’idées. Mais ce sont les costumiers qui ont tout fait.
Étiez-vous à l’aise dedans ?
Non, ce n’était pas du tout confortable, à part les chaussures qui sont celles que je porte à la Star Ac’. Je voulais garder mes talons, je les ai customisées. Mais sinon, c’est très dur à porter, très lourd, ça fait mal au dos. On y respire très mal, à tel point que je voulais carrément enlever le masque, hein. Mais je crois que dans l’émission, c’est pas possible ! (Rires) Et pour bouger dans tous les sens, j’aurais bien aussi enlevé l’arc électronique derrière moi qui était très lourd.
Vous n’êtes malheureusement pas allée jusqu’au bout de l’aventure. Quels sont les titres que vous auriez interpréter lors des prime suivants ?
Il me restait une chanson de Queen, L’aigle noir que j’avais revisité dans une version spatiale. J’espère qu’un jour, il la sortiront, car j’ai beaucoup aimé faire ça. Il y avait aussi Hung Up de Madonna où j’étais accrochée sur une boule à facettes, j’ai pu la répéter. Ça, c’était génial ! Il me restait également Étienne, Étienne, que j’avais changé en Alien, Alien. Mais je regrette surtout de ne pas avoir pu chanter Freddie Mercury, c’est sûr.
Visiez-vous la finale en entrant dans la compétition ?
Bah ouais, j’en avais envie ! J’étais triste de partir à ce moment-là, mais c’était juste pour le plaisir. Ce n’est pas une compétition, c’est vraiment un beau concours, très bienveillant. Évidemment, j’avais envie de partager au public toutes mes performances, que j’avais beaucoup travaillées. C’est énormément de préparation et de temps. Je me suis investie dans les arrangements musicaux pour faire des bandes-son qui me ressemblent.
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Comment avez-vous vécu tout le protocole de confidentialité pour garder votre identité secrète ?
C’est un drôle de truc, hein ! Tout est bizarre, on a l’impression d’être en espionnage. Je sortais de chez moi et on venait me chercher à une autre adresse, j’étais masquée tout le temps… Mais ce qui m’a marquée énormément, c’est que la première fois que je suis montée dans la voiture, on m’a remis une ardoise pour communiquer. Et la dernière fois que j’avais été dans cette situation, c’est quand j’ai été opérée des cordes vocales. Ça m’a fait un choc, j’ai failli fondre en larmes dans la voiture. Mais parler avec cette ardoise était très drôle, ça s’est fait dans la joie, cette fois-ci.
Avez-vous réussi à garder le secret ?
J’étais tellement dans mon truc et à vouloir bien faire, que j’ai dit mon prénom une fois lors des répétitions sur le plateau ! Je parlais au chorégraphe, et je lui ai dit : "Il suffit que tu me dises ‘Adeline, mets-toi là’ !". Je me suis dit : "Mais qu’est-ce que tu as fait ? Tu respectes toutes les règles, tu n’en parles à personne, et là tu dis ton prénom ! Il y a des claques qui se perdent !". Heureusement, comme ma voix était déformée et que "Adeline" ressemble à "Alien", personne n’a entendu. Un truc de fou !
En tant que coach vocale, avez-vous reconnu certaines personnalités avant qu’elles soient démasquées ?
Oui mais je ne peux rien vous dire, car ces vois-là n’ont pas encore été démasquées ! (Rires) J’ai une bonne oreille, il y a des gens que j’ai reconnu tout de suite. Je pense que c’est eux, même si je n’ai pas encore la confirmation.
Vous avez beaucoup joué avec le public, vous avez l’habitude d’être comme ça sur scène ?
Oui, je suis une artiste qui adore communiquer à fond avec son public. J’avais envie d’apporter de la joie aux spectateurs, ils viennent pour vivre une communion. Même quand j’étais suspendue à quatre mètres de hauteur, je faisais des coeurs au public. Mais je me suis dit qu’ils pourraient me reconnaître, car à la Star Ac’, je suis "Madame Coeur" ! Les gens ne savaient pas qui j’étais mais ls m’envoyaient de l’amour et j’arrivais à communiquer avec eux. Comme quoi, la voix et l’énergie parlent au public même à travers un costume. C’est dingue. Du coup, j’aime encore plus mon métier.
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Vous avez chanté pendant plusieurs semaines à la télévision, alors qu’il y a quelques années, vous avez perdu votre voix lors d’un accident…
Le chemin parcouru est immense. Je suis en pleine gratitude de la vie. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça me fait de monter sur une scène. J’étais censée être condamnée à devoir parler en chuchotant pour le reste de ma vie, et je me retrouve sur scène sur TF1… Mais quelle chance ! C’est un petit miracle, pour moi. J’étais dans un grand, grand bonheur.
Vous avez beaucoup ému en reprenant Ne me quitte pas…
C’était très fort, pour moi. Je ne m’adressais pas à un amour, je m’adressais à ma joie. Quand il vous arrive un accident dans la vie, comment faire pour que la joie reste ? J’ai choisi le dernier paragraphe de la chanson pour de vraies raisons. Mon émotion était palpable, je pense. J’ai confié au public ma souffrance, mais aussi ma joie que ma voix soit revenue.
Dans votre clip Hey Man, sorti il y a deux mois, vous êtes suspendue dans les airs comme dans Mask Singer. C’était un indice ?
En fait, quand j’ai été annoncée pour la Star Ac’, j’ai ressenti un très grand vertige, j’avais peur. Donc j’ai dit au réalisateur du clip, Thierry Vergnes, que je voulais surmonter cette peur du vertige, et c’était quelques jours seulement avant d’être accrochée en l’air dans l’émission. Donc ça m’a beaucoup entraînée, car dans le costume de l’Alien, j’étais suspendue encore plus haut et je ne voyais rien, c’était très dur. Mais maintenant, j’ai envie de faire des films avec des cascades !
Vous avez sorti votre EP, intitulé Rousse, ce vendredi 12 mai…
Ces chansons parlent beaucoup de résilience, du fait que lorsqu’on a un problème, on va pouvoir en revenir. J’y ai mis beaucoup de mon coeur et musicalement, j’en suis très fière. Je l’ai fait avec le duo 21 Jours, qui sont des gens superbes et très positifs. Il s’appelle Rousse parce que quand j’ai tout perdu – je n’avais plus de voix ni de travail et j’étais victime de violences conjugales – il ne me restait que la couleur que je faisais à mes cheveux. Pour moi, c’est un état d’esprit, ça m’a permis de tenir bon, rester positive et de me dire : "Un jour, je vais revenir haute en couleurs".
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Serez-vous dans la prochaine saison de Star Academy ?
C’est encore un peu tôt pour vous dire si j’y serai ou pas. En attendant, je suis à l’affiche de mon spectacle Tel est mon destin. La dernière date se jouera à l’Européen le 11 juin prochain.
Propos recueillis par Jordan Landreau