Ourika (Prime Video) : intense et captivante, la série de Booba réussit son pari (CRITIQUE)

Publié le 27 mars 2024 à 16:09
Adam Bessa, dans le rôle de Driss Jebli, l'un des personnages principaux de la sérié Ourika
Prime Video
Ce jeudi 28 mars, les abonnés de Prime Video pourront découvrir la série originale "Ourika", coécrite par le rappeur Booba. En plongeant le spectateur au sein d'un univers réaliste, brutal mais aussi émouvant, elle séduit sans trop en faire.

Pour les amoureux de rap, l’arrivée d’Ourika est un évènement attendu depuis plusieurs mois. Coécrite par Booba, la nouvelle série originale de Prime Video débarque ce jeudi 28 mars sur la plateforme. Réduire ce projet à une création visant uniquement les fans du rappeur (ou ses détracteurs qui sait…) serait une véritable erreur. Ourika, avec son style percutant, brutal mais n’hésitant jamais à offrir des moments d’émotions intenses, mérite de voir les amateurs de série se plonger dans son univers. L’intrigue nous embarque en 2005 : les banlieues françaises vivent au rythme des émeutes. Aux alentours de Paris, la famille Jebli, référence dans le milieu du trafic de drogue, va voir son organisation et son destin totalement chamboulés. Driss, le plus jeune frère promis à une belle carrière dans la finance, va devoir se salir les mains pour la survie des siens…

Pas de superstar mais un casting bourré de talent

Pour porter la série, la production d’ Ourika a fait un choix audacieux : miser sur des acteurs qui ne sont pas forcément les plus connus du grand public. Un risque pour certains observateurs, mais force est de constater que le résultat est au rendez-vous. Les trois personnages principaux sont interprétés par Adam Bessa (Driss), Noham Edje (William) et Salim Kechiouche (Moussa), qui livrent de très belles prestations. Au fil des épisodes, ils vont chacun apporter de la nuance et des émotions aux protagonistes, dans un monde de voyous où tous les coups sont permis. C’est bien là l’un des points de la série : laisser la place aux personnages d’exister, de se perdre dans leurs ambitions et de se confronter à leurs propres démons. À l’écran, les comédiens ont eu l’opportunité de créer les détails de leurs personnages, en échangeant lors du tournage avec les scénaristes et les réalisateurs. "On nous a laissé apporter notre pierre à l’édifice. On s’est tiré vers le haut. On s’est pris la tête nuit et jour pour pouvoir proposer les meilleures choses possibles", nous a notamment confié Salim Kechiouche.

Booba acteur appliqué et sans fioritures

Évidemment, l’une des attractions de la série sera aussi de découvrir (enfin) la prestation du Duc de Boulogne en tant que comédien. Depuis plusieurs années, le fantasme et la curiosité de voir Booba à l’écran étaient présents. C’est donc en 2024 que tout cela se concrétise, dans un projet dans lequel il est totalement impliqué (producteur, cocréateur et acteur). Mais alors, B2O est-il aussi à l’aise devant la caméra que derrière un micro ? Dans Ourika, Elie Yaffa (de son vrai nom) apparait également à l’écran dans la peau d’un trafiquant bien décidé à prendre sa revanche et à se remplir les poches. Un rôle sur-mesure pour celui dont la question préférée est " Qu’est-ce que je vais faire de tout cette oseille ?". Sans en faire trop, Booba réussit ses apparitions à l’écran en se montrant inquiétant, froid et déterminé à s’imposer.

Pari réussi pour Ourika

Si elle ne révolutionne pas le genre, la série a de quoi convaincre les amateurs de lutte entre flics et voyous mais aussi un public plus large. Grâce à des scènes d’action efficaces, parfois sanglantes et toujours rythmées, les épisodes ne perdent jamais en dynamisme. Les sept épisodes nous emmènent jusqu’à un final chargé de tension et d’émotion, tout en laissant la porte ouverte à une seconde saison. Défi relevé avec talent pour les équipes d’Ourika.

Par
Aurélien Gaucher