Sous la seine (Netflix) poursuivi en justice pour plagiat : « On ne peut pas me dire que c’est une coïncidence »

Publié le 14 juin 2024 à 10:26
Sofie Gheysens/Netflix
Le scénariste et cinéaste Vincent Dietschy sort du silence après avoir retrouvé 135 points communs entre son scénario déposé en 2012 et le blockbuster de Netflix.

Avec près de 41 millions de visionnages sur Netflix en moins de dix jours, Sous la seine est un véritable succès. Réalisé et écrit par Xavier Gens, et porté par Bérénice Bejo ainsi que Nassim Lyes, le film catastrophe qui met en scène la capitale française fait l’événement en sortant à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris 2024, bien que l’intrigue se déroule lors des championnats du monde de triathlon. Mais le scénario, très original sur le papier, l’est-il réellement ? 

Deux intrigues très similaires

Voici le pitch de Silure, déposé à la société des auteurs SACD par le scénariste et réalisateur Vincent Dietschy (La vie parisienne, Didine, Julie est amoureuse) en 2012, soit près de trois ans avant le dépôt du scénario de Sharks, renommé finalement Sous la seine"Une jeune femme policière, plongeuse à la brigade fluviale de Paris, se trouve confrontée à un phénomène naturel inédit, incarné par un gigantesque silure, terriblement agressif, et tueur d’êtres humains. Tandis que le monstre sème la panique dans la capitale, menaçant la politique du maire à quelques jours du choix de la ville qui organisera les Jeux olympiques, l’héroïne se retrouve en première ligne pour affronter cette figure du mal d’un genre nouveau. Aidée dans son combat par un jeune ichtyologue du CNRS, elle se rapproche dans le même temps de son supérieur hiérarchique, le commandant".

"Mon but, c’est que le vol dont j’ai été victime soit reconnu"

Vous remarquez des similitudes entre les deux histoires ? Vincent Dietschy, lui, en a répertorié 135 ! L’introduction du film qui a lieu loin de la France, l’héroïne brune, célibataire et sans enfant qui se rapproche de son charmant commandant, la maquette de l’épreuve sportive à Paris présentée à la mairie, le personnage de la femme écologiste rebelle, la balise accrochée à un dangereux poisson mutant pour le traquer… "Même l’idée d’aller intercepter le poisson dans l’écluse du port de l’Arsenal, qui n’est quand même pas l’endroit le plus évident à Paris, c’était dans mon projet. On ne peut pas me dire que là encore, c’est une coïncidence. Mon but, c’est que le vol dont j’ai été victime soit reconnu. C’est un projet important pour moi, pour lequel j’ai énormément travaillé et auquel je tiens beaucoup. Il est parti d’une histoire d’amour malheureuse, j’y ai mis tout ce que j’avais. J’avais l’ambition d’en faire un grand film populaire. Je n’ai pas renonce a le réaliser ", insiste le cinéaste auprès du Parisien. Ce dernier accuse Netflix de parasitisme et a assigné la plateforme en référé. Vincent Dietschy exige la suspension de la diffusion de Sous la seine en streaming. Une audience se déroule aujourd’hui, vendredi 14 juin, avant un procès ultérieur. Un coup dur pour le long-métrage qui fait également polémique au sein de la sphère scientifique.

Par
Hugo Mallais