“Mon petit renne” (Netflix) : le créateur Richard Gadd réagit pour la première fois à la plainte de sa vraie harceleuse

Publié le 31 juillet 2024 à 13:27
ED MILLER/NETFLIX
La série "Mon petit renne" de Netflix, inspirée de l'histoire vraie de Richard Gadd, se retrouve au cœur d'une polémique juridique. Fiona Harvey, qui s'estime être la vraie "Martha", poursuit la plateforme pour diffamation. Le créateur sort du silence et réaffirme la nature fictionnelle de son œuvre. 

La mini-série "Mon petit renne", disponible sur Netflix depuis le 11 avril dernier, a fait parler d’elle . Elle raconte ‘histoire vraie d’un jeune homme persécuté par une femme. Cependant, la fiction inspirée de faits réels se retrouve aujourd’hui au cœur d’une controverse juridique. Richard Gadd, créateur et acteur principal de la série, sort de son silence pour répondre aux accusations.

"Mon petit renne" : un succès entaché par de graves accusations

"Mon petit renne" a connu un véritable succès à sa sortie sur Netflix. La mini-série a récolté pas moins de 11 nominations aux Emmy Awards. Elle est aujourd’hui ternie par une plainte déposée contre Netflix et Richard Gadd. Fiona Harvey, une avocate écossaise qui s’estime représentée et diffamée à l’écran, réclame la coquette somme de 170 millions de dollars à la plateforme de streaming.

Bien que la série n’ait jamais souhaité révéler l’identité de la harceleuse, les internautes ont rapidement affirmé avoir identifié la "vraie" Martha en la personne de Fiona Harvey. Cette dernière s’est exprimée à plusieurs reprises pour se défendre des faits dont la série l’accuserait, allant jusqu’à qualifier "Mon petit renne" de "plus gros mensonge de l’histoire de la télévision".

Richard Gadd défend la nature fictionnelle de son œuvre

Face à cette situation, Richard Gadd a pris la parole dans une lettre adressée au tribunal en charge de l’affaire. 

Le créateur de la série insiste sur la nature fictionnelle de son œuvre, tout en reconnaissant s’être inspiré d’événements réels : "Même si ces spectacles et œuvres étaient emplis d’une émotion réelle et fondés sur de vrais évènements de ma vie, elles ont dramatisé des personnes, des endroits, des choses et des évènements pour raconter une histoire", souligne-t-il. "La série est une œuvre dramatique. Ce n’est pas un documentaire (…), la série est fictionnelle et n’a pas pour but de relater des faits réels."

Une expérience personnelle traumatisante à l’origine de la série

Malgré ses efforts pour dissocier la fiction de la réalité, Richard Gadd ne nie pas s’être inspiré de son expérience personnelle. Dans sa déclaration au tribunal, il évoque une "période incroyablement stressante et inquiétante" et confie : "Il est impossible d’être exhaustif en décrivant toute la conduite de Fiona Harvey, car il y a eu de nombreux cas et de nombreuses communications profondément troublantes."

Le créateur de "Mon petit renne" affirme avoir rencontré Fiona Harvey au pub Hawley Arms en 2014, avant de la signaler à la police en 2016. Il révèle avoir reçu "des milliers d’e-mails et de messages vocaux perturbants et sexuellement explicites". Fiona Harvey a alors reçu un avertissement pour harcèlement. 

Face à la plainte de Fiona Harvey, Netflix a promis de "défendre cette affaire avec vigueur, tout comme le droit de Richard Gadd de raconter son histoire". La plateforme a demandé au juge R. Gary Klausner une audience le 3 septembre prochain pour plaider en faveur du rejet de la plainte.

Richard Gadd, quant à lui, maintient que le personnage de Martha Scott dans la série "n’est pas Fiona Harvey". Il précise : "Comme tous les personnages de la série, Martha est un personnage de fiction, avec une personnalité fictive qui est très différente de celle de Fiona Harvey".

Par
Mélissa Tellaa