La vérité sur Jussie Smollett ? (Netflix) : l’acteur prend la parole après avoir mis en scène (ou pas) sa propre agression homophobe et raciste

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:38
TNS/ABACA
Condamné pour avoir orchestré sa propre agression avant de voir sa peine annulée en 2024, Jussie Smollett livre sa version des faits dans La vérité sur Jussie Smollett ?, en ligne le 22 août prochain sur Netflix. Entre témoignages inédits, nouvelles révélations et ses propres confidences, le documentaire revient sur une affaire qui continue de diviser.

Le 22 août prochain, Netflix mettra en ligne sur sa plateforme le documentaire baptisé La vérité sur Jussie Smollett ?. Le pitch ? "RAW, les producteurs de Don’t F**k with Cats et Tinder Swindler, présentent la vérité sur Jussie Smollett, l’histoire vraie et choquante d’une histoire prétendument fausse qui, selon certains, pourrait bien être une histoire vraie. Avec des interviews de policiers, d’avocats, de journalistes, d’enquêteurs qui prétendent avoir découvert de nouvelles preuves sur l’affaire et de Jussie lui-même, ce documentaire captivant invite le public à décider par lui-même qui dit la vérité sur Jussie Smollett ?"

L’acteur a fait appel de sa condamnation 

Pour rappel, l’acteur d’Empire a été condamné en mars 2022, à 150 jours de prison, une amende de 25 000 dollars et plus de 120 000 dollars de restitution aux autorités, pour avoir mis en scène sa propre agression à caractère homophobe et raciste en janvier 2019. Ses deux "agresseurs", présumés pro-Trump, auraient en réalité été payés par la victime elle-même alors que le comédien affirmait qu’ils lui avaient lancé des insultes racistes et homophobes, avant de lui passer une corde autour du cou et de l’asperger d’eau de Javel.

L’acteur n’a finalement pas fait ses 5 mois de prison comme prévu puisqu’il a fait appel auprès de la Cour de l’Illinois. Cette dernière a décidé d’accepter cette requête et de le libérer sous certaines conditions. En effet, Jussie Smollett a dû s’acquitter d’une somme de 150 000 de dollars, correspondant aux frais de justice, associée à une liberté conditionnelle de 30 mois.

Jussie Smollett prend la parole

Dans le documentaire de Netflix, l’acteur de 43 ans évoque le choc qu’il a ressenti à l’époque, lorsque les réseaux sociaux se sont emballés après l’annonce de son agression présumée. "Je me sentais comme si j’assistais à mes propres funérailles", raconte-t-il. Et de reprendre : "J’avais l’impression d’être mort, et d’assister à tout ça vivant — et ce que les gens disaient était tellement gentil, mais c’était trop pour moi. Ça m’a mis très mal à l’aise. Ça m’a extrêmement embarrassé. Ça m’a fait me sentir totalement émasculé"

L’enquête avait très vite pris un tournant inattendu puisque les procureurs ont estimé que l’acteur avait orchestré lui-même cette attaque pour attirer l’attention médiatique. Selon eux, il aurait versé 3 500 dollars à deux frères, Abimbola "Bola" et Olabinjo "Ola" Osundairo, rencontrés sur le tournage de Empire, afin de mettre en scène l’agression. Jussie Smollett, de son côté, a toujours nié catégoriquement.

Les deux frères assurent avoir été payés par l’acteur

Dans le documentaire, il assure que cette somme servait à l’achat "d’un complément à base de plantes illégal venant du Nigeria", tandis que les frères Osundairo affirment qu’il s’agissait bien d’un paiement pour l’attaque. "Je crois qu’il voulait devenir le symbole de l’activisme pour les Noirs, pour les homosexuels, pour les personnes marginalisées", avance Bola. Et son frère, Ola, d’ajouter : "Je trouvais ça fou, mais en même temps je me disais : ‘C’est Hollywood. C’est comme ça que ça marche’"

Pris dans une avalanche de rumeurs, Jussie Smollett raconte avoir eu l’impression d’être dépassé : "Je jouais à la taupe avec les rumeurs et les mensonges, jusqu’à ce que cela devienne ingérable. À un moment, il y en a trop et on ne peut pas toutes les rattraper". En 2024, la Cour suprême de l’Illinois a annulé ses condamnations, estimant que ses droits avaient été bafoués puisque des charges abandonnées avaient ensuite été réintroduites par un procureur spécial.

Par
Kahina Boudjidj