Aujourd’hui, Pete Doherty est loin de l’image du rockeur sulfureux du début de sa carrière. Père de trois enfants, il est en couple avec la réalisatrice Katia de Vidas qui l’a filmé pendant dix ans. Le documentaire, intitulé Stranger in my own skin ("étranger dans ma propre peau", en français), sort aujourd’hui, ce lundi 19 février 2024 sur MyCanal.
On y découvre Pete Doherty sous l’emprise des substances, mais Katia de Vidas n’avait au départ pas réalisé l’ampleur de la dépendance de l’artiste. "L’addiction, j’ai toujours été à l’aise avec ça et compris que ça arrivait à des gens très bien. Ils sont souvent pointés du doigt. Je voulais expliquer que ce n’est pas si simple. (…) Le film dure une heure et demie, on a l’impression que c’est très intense, mais en vrai, ces moments de prise de drogues étaient dilués dans le quotidien. J’ai mis longtemps à comprendre qu’il s’agissait d’addiction. Au début, je pensais à des drogues récréatives. Pete restait hypercurieux, présent, drôle, il avait des discussions. La maladie était bien cachée. J’ai vu la sensation de manque tard et, là, j’ai compris qu’il y avait un problème. Et qu’il devenait urgent de faire quelque chose", raconte-t-elle dans Le Parisien.
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Pete Doherty, qui est sobre depuis environ cinq ans désormais, ne voyait même pas la réalisatrice le filmer par moments, d’autant plus qu’il était parfois dans ses plus mauvais jours : "Certains moments sont impossibles pour moi à regarder. (…) Mon père me disait : ‘Ton cerveau c’est ta meilleure arme. Pourquoi tu veux le détruire ?’. Pour moi, je ne le détruisais pas, je l’illuminais, pour voir le monde d’une autre manière. Peut-être que les drogues sur le moment donnent un coup de fouet d’énergie. Mais au final, c’est deux pas en avant, trois pas en arrière. Physiquement, financièrement, dans mes relations avec ma famille et des amis que j’ai perdus, c’était destructeur à tous les niveaux. (…) Tu peux vivre sans drogues. Pendant des années, c’était impossible d’arrêter. Je passais parfois quelques mois sans, je faisais une cure, et je retombais dedans juste après. Maintenant, je vois qu’une autre vie est possible. C’est un miracle pour moi. L’espoir et l’amour sauvent. Même si tu n’es jamais complètement sauvé".