Disney + sanctionne Jimmy Kimmel pour ses propos anti-Trump : les abonnés réagissent violemment

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:27
ABACA
La suspension temporaire de l'animateur vedette de ABC en septembre 2025 a déclenché une vague massive de résiliations sur les plateformes Disney+ et Hulu. Une crise sans précédent pour le géant du divertissement, qui a vu son taux de désabonnement doubler en l'espace d'un mois.

En septembre 2025, la suspension de Jimmy Kimmel par ABC après ses commentaires sur l’assassinat du militant d’extrême-droite Charlie Kirk a provoqué une vague massive de désabonnements.

Une censure qui fait exploser les chiffres de désabonnement

Le mois de septembre 2025 restera dans les annales comme l’un des plus difficiles pour Disney. Les chiffres publiés par Antenna, société d’analyse spécialisée dans le suivi des abonnements aux services de streaming, révèlent l’ampleur du séisme. Près de 3 millions d’Américains ont annulé leur abonnement à Disney+ au cours de ce mois, tandis que Hulu enregistrait 4,1 millions de résiliations, rapporte The New-York Times.

Plus révélateur encore : le taux de désabonnement mensuel a littéralement explosé. Pour Disney+, il est passé de 4% en août à 8% en septembre. Du côté de Hulu, la hausse s’avère encore plus spectaculaire, bondissant de 5% à 10% sur la même période. Ces taux, qui oscillaient habituellement entre 3 et 5% tout au long de l’année.

Cette hémorragie d’abonnés fait directement suite à la décision controversée d’ABC, filiale de Walt Disney Co., de suspendre l’émission "Jimmy Kimmel Live!" du 17 au 23 septembre. L’animateur avait provoqué la colère des milieux conservateurs après avoir commenté l’assassinat de Charlie Kirk, militant d’extrême-droite tué le 10 septembre.

Un monologue qui déclenche une tempête politique

Lors de son émission du 15 septembre, Jimmy Kimmel n’avait pas mâché ses mots. "Nous avons atteint de nouveaux sommets ce week-end avec la bande MAGA qui tente désespérément de présenter ce jeune homme qui a assassiné Charlie Kirk comme n’importe quoi d’autre que l’un des leurs, et qui fait tout ce qu’elle peut pour marquer des points politiques", avait-il déclaré dans son monologue. Une prise de parole qui visait la récupération politique du meurtre de Tyler Robinson, identifié comme l’auteur présumé de la fusillade.

La réaction ne s’est pas fait attendre. Brendan Carr, président de la Commission fédérale des communications (FCC), est monté au créneau sur Fox News, affirmant que les animateurs de talk-shows nocturnes, dont Kimmel, étaient passés de "bouffons de cour" à "clercs de cour appliquant une idéologie politique très étroite". L’administration Trump a exercé une pression considérable sur les diffuseurs, conduisant ABC à retirer l’émission de l’antenne.

Face au tollé suscité par cette censure, Disney a tenté de justifier sa décision. "Mercredi dernier, nous avons pris la décision de suspendre la production de l’émission afin d’éviter d’enflammer davantage une situation tendue à un moment émotionnel pour notre pays", a expliqué la compagnie. "C’est une décision que nous avons prise parce que nous avons estimé que certains commentaires étaient inopportuns et donc insensibles. Nous avons passé les derniers jours à avoir des conversations réfléchies avec Jimmy, et après ces conversations, nous avons pris la décision de remettre l’émission à l’antenne mardi."

Le retour triomphal de Jimmy Kimmel

Le retour de Jimmy Kimmel sur les écrans, après six jours d’absence forcée, a pris des allures d’événement national. Son monologue de "comeback", dans lequel il clarifiait ses remarques sur l’assassinat de Charlie Kirk tout en défendant passionnément la liberté d’expression, est devenu son monologue le plus visionné de tous les temps sur YouTube, accumulant plus de 15 millions de vues en seulement 16 heures.

Par
Mélissa Tellaa