“Je ne reconnais plus mon pays” : Angelina Jolie dénonce les menaces visant la liberté d’expression aux États-Unis

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:31
ABACA
La superstar hollywoodienne s'est exprimée en amont de la présentation à Saint-Sébastien de Coutures, le nouveau film d'Alice Winocour dans lequel elle campe le rôle principal.

En marge du Festival international du film de Saint-Sébastien, Angelina Jolie a livré des propos particulièrement mesurés mais révélateurs sur l’état de la démocratie américaine. L’actrice oscarisée, venue présenter le film "Coutures" d’Alice Winocour en compétition pour la Concha de Oro, n’a pas caché ses préoccupations face à la dégradation du climat politique outre-Atlantique.

Les propos prudents d’Angelina Jolie

Lorsqu’une journaliste espagnole l’interroge sur ses craintes actuelles “en tant qu’artiste et Américaine”, Angelina Jolie marque une longue pause de dix secondes avant de répondre avec prudence. “C’est une question très difficile”, concède-t-elle d’emblée. “J’aime mon pays, mais en ce moment, je ne le reconnais pas”, déclare l’actrice de 50 ans.

L’ancienne épouse de Brad Pitt poursuit en expliquant sa vision internationale : “J’ai toujours vécu à l’international, ma famille est internationale, mes amis, ma vie. Ma vision du monde est égalitaire, unifiée et internationale.” Cette perspective cosmopolite l’amène à formuler une critique plus générale : “Tout ce qui divise ou limite l’expression personnelle et les libertés individuelles – où que ce soit – est très dangereux, à mon avis.”

Elle ajoute : “Nous traversons une période tellement grave qu’il faut faire attention à ne pas tenir de propos inconsidérés. Nous traversons tous ensemble une période très, très difficile.”

La suspension de Jimmy Kimmel, révélateur d’un climat tendu

Bien qu’Angelina Jolie n’ait pas explicitement cité l’affaire Jimmy Kimmel, ses déclarations surviennent quelques jours après l’annonce choc de la suspension “pour une durée indéterminée” du célèbre animateur d’ABC par Disney. Cette mesure disciplinaire fait suite aux critiques de Brendan Carr, président de la Commission fédérale des communications (FCC), concernant les propos de Kimmel sur l’assassinat de l’influenceur pro-Trump Charlie Kirk.

Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre l’administration Trump et les médias, illustré également par l’annulation controversée du talk-show de Stephen Colbert sur CBS, intervenue trois jours après que le présentateur ait qualifié de “gros pot-de-vin” le versement de 16 millions de dollars par Paramount à Donald Trump pour régler un contentieux.

La mobilisation des stars contre la censure

La suspension de Jimmy Kimmel a déclenché une vague de protestations sans précédent au sein de la communauté artistique hollywoodienne. Plusieurs grandes figures du divertissement, notamment liées à l’univers Disney, ont pris position publiquement contre cette décision.

Mark Ruffalo, l’interprète de Hulk dans l’univers Marvel, s’est montré particulièrement virulent sur les réseaux sociaux.

Pedro Pascal, star de “The Mandalorian” et des prochains films Disney “Avengers: Doomsday” et “The Mandalorian and Grogu”, a apporté son soutien sur Instagram : “Je soutiens Jimmy Kimmel. Défendez la liberté d’expression. Défendez la démocratie.”

 

Par
Mélissa Tellaa