Comment vous êtes-vous connues ?
Samantha Davies : En 2020, au centre d’entraînement de Port-la- Forêt (Finistère). On a découvert qu’on avait fait toutes les deux la Mini Transat (course en solitaire reliant Les Sables-d’Olonne à Saint- François, en Guadeloupe, ndlr). Moi, en 2001, et Violette en 2019… Quand je lui ai dit ça, Violette a répondu : « Ah ? C’est l’année de ma naissance ! » (Rires)
Violette Dorange : Elle ne s’est pas vexée. Elle m’a même engagée comme équipière, sur un entraînement en Imoca (monocoques de 60 pieds, soit 18,28 m, ceux du Vendée Globe), l’année dernière.
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D’où vous vient votre amour de la voile ?
Samantha : Ce n’était qu’un loisir familial, pour moi, en Angleterre. Mais à force d’assister aux départs de grandes courses, j’ai été de plus en plus intriguée. Moins par l’aspect sportif que technologique, car j’envisageais de devenir architecte naval. Finalement, j’ai fait mon premier tour du monde en équipage (Trophée Jules-Verne 1998) en fin d’études, à 23 ans, l’âge de Violette aujourd’hui.
Violette : Je suis de Charente-Maritime, j’ai donc baigné dedans et imité mon frère et ma soeur, avant d’entrer en sport-études. Je suis encore la plus jeune femme à avoir traversé la Manche, à 15 ans, en Optimist (un petit dériveur). Chez moi, l’esprit d’aventure et de compétition prédomine.
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En tant que femmes, avez-vous rencontré des difficultés à vous faire accepter dans ce milieu ?
Samantha : J’ai profité du fait que Florence Arthaud, en France, et Tracy Edwards, en Angleterre, avaient prouvé qu’une femme ne portait pas malheur sur un bateau, contrairement à la superstition. Surtout que toutes deux étaient performantes.
Violette : Quand je faisais de l’Optimist, j’étais portée par l’idée d’être devant les garçons, étant la seule fille du groupe. Mais, en solitaire, j’ai toujours senti un vrai respect entre tous les concurrents. On sait tous ce qu’on a sacrifié pour en arriver là.
Samantha : Sur les courses au large, en solo ou en double, c’est effectivement respectueux. Mais dans les courses en équipage, il y a encore pas mal de sexisme.
Le défi sportif ne vous empêche pas de mettre tout votre coeur dans la défense de causes…
Samantha : C’est l’autre objectif de mon projet, Initiatives-Coeur : permettre à des enfants souffrant de malformations cardiaques de se faire opérer en France, grâce à l’association Mécénat Chirurgie cardiaque. Une opération coûte 12 000 €, et mes sponsors donnent 1 € à chaque clic sur les profils Facebook, Instagram et TikTok d’Initiatives-Coeur. Près de 400 enfants ont déjà été sauvés depuis 2012. On espère passer le cap des 500, à la fin de ce Vendée Globe.
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Violette : Je soutiens les Apprentis d’Auteuil. Cette fondation oeuvre en faveur des jeunes en difficulté : protection de l’enfance, éducation, insertion professionnelle et accompagnement des familles. En redonnant confiance à ces jeunes, la fondation les aide à se reconstruire et à réaliser leur rêve. Cela fait écho à mon expérience et à mon bateau, qui s’appelle DeVenir : je suis partie de rien, et c’est grâce aux gens de mon équipe et aux partenaires qui m’ont aidée que je peux me lancer dans cette aventure un peu folle qu’est le Vendée Globe.
Vendée Globe, à suivre dès 7h00 sur la chaîne L’Équipe et à 12h55 sur France 3