« Le SailGP, c’est la Ligue des champions ! » (Canal+ Sport 360)

Publié le 14 janvier 2023 à 13:26
BOB MARTIN FOR SAIL GP
L’équipage français se rapproche des sommets dans ce spectaculaire championnat, inspiré de la Formule 1.

Ils sont neuf bateaux à se confronter sur les plus beaux spots de voile au monde. Huit catamarans de 15 mètres de long, volant littéralement au-dessus des flots grâce à leurs foils. À la barre du navire français, Quentin Delapierre, 30 ans, originaire de Vannes. Un jeune loup de mer ? "On peut dire ça. En tout cas, je suis exactement là où je voulais être, il y a quelques années." Pour mesurer la valeur de ce privilège, rien de mieux que la définition de cette compétition donnée par Bruno Dubois, patron du Team France : "La Coupe de l’America, c’est l’équivalent de la Coupe du monde de foot, et le SailGP, c’est la Ligue des champions !" Il y a plus d’un an, le bateau tricolore végète dans les profondeurs du classement. Bruno Dubois décide alors de remplacer le barreur, Billy Besson, par Quentin Delapierre : "Ce garçon a plusieurs qualités : leader, bienveillant, super technicien. Et en plus de gagner, il veut y mettre la manière." Comme lors du premier succès français, en septembre dernier à Cadix, en Espagne. "On sentait que l’énergie était vraiment bonne dans l’équipe, raconte le jeune skipper. On prenait de plus en plus confiance. Surtout, chez nous, chacun a son mot à dire.

COURSE ET ENGAGEMENT 

Chacun, et chacune, car la direction du SailGP fait de l’inclusion féminine l’une de ses priorités, comme le souligne Julien di Biase, son Chief Operating Officer (COO) : "Russell Coutts (quintuple vainqueur de la Coupe de l’America et fondateur du SailGP) a navigué toute sa vie entre mecs. Mais il connaît aussi beaucoup de sportives de talent. Or, il s’est rendu compte qu’il y avait un plafond au-delà duquel on ne leur donnait pas leur chance. Il fallait changer ça." Le règlement impose donc la présence d’une femme par bateau. Côté français, Amélie Riou partage le poste de stratège avec Manon Audinet, selon les étapes. "Je dois trouver le vent le plus favorable, gérer les croisements avec les concurrents. Je suis les yeux du bateau." Des yeux qui, de manière inattendue, ont permis au navire américain de remporter l’étape de Saint-Tropez, en septembre dernier. "Manon retenue dans l’équipage français, je devenais remplaçante de secours pour l’ensemble des équipes, comme le veut la règle imposée au pays hôte. La navigatrice américaine s’est blessée la veille de la course, j’ai donc été propulsée sur leur bateau.

Quatrièmes, les Français se consolaient avec le record de vitesse du SailGP : 54 noeuds, soit 100 km/h. Une fierté sportive complétant celle d’avoir marqué des points pour l’Impact League, classement les encourageant à réduire l’empreinte carbone. À Saint-Tropez, associés à la fondation Energy Observer, les Bleus ont alimenté la zone technique par des générateurs à hydrogène. Une avancée technologique et écologique qu’ils espèrent imposer sur tous les sites du championnat. En attendant, Quentin Delapierre et sa bande, deuxième de l’étape de Dubaï, veulent confirmer ce weekend à Singapour. "Le but, c’est de rester dans le top 3 au général, afin de pouvoir disputer la grande finale à San Francisco, en mai." 

SailGP : Singapour : samedi 14 janvier à 6h00 sur Canal+ Sport 360

FRÉDÉRIC LOHÉZIC 

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