France-Irlande (France 2) – Vincent Clerc et Dimitri Yachvili : « L’équipe de France a déjà gagné sans Antoine Dupont »

Publié le 2 février 2024 à 10:44
© Nathalie GUYON - FTV
Après leur échec en Coupe du monde, les Bleus de Fabien Galthié retrouvent la compétition. Dans quel état ? L’avis des consultants de France Télévisions, Dimitri Yachvili et Vincent Clerc.

L’équipe de France aura-t-elle digéré sa défaite contre l’Afrique du Sud (28-29, en quart de finale, le 15 octobre dernier) ? 

Vincent Clerc : Il faudra encore du temps. Ce qui ne veut pas dire qu’elle sera moins performante. Le match se dispute à Marseille. Cela peut jouer aussi. La province n’a pas souvent l’occasion d’accueillir les Bleus, d’où l’effervescence particulière du public. 

Dimitri Yachvili : Ce match apportera une réponse sur l’état mental et physique d’un effectif qui, malgré tout, reste de qualité. 

Est-il bon d’entamer ce tournoi des Six Nations en affrontant l’Irlande, autre favorite ? 

Vincent : Cela permet de se reprojeter tout de suite dans des objectifs de performance. 

Dimitri : L’Irlande, aussi, a perdu en quart de finale de la Coupe du monde, alors qu’elle avait l’effectif pour aller au bout. Et, comme pour nous avec Antoine Dupont, elle est privée de son meilleur joueur, Jonathan Sexton, qui a pris sa retraite. 

Justement, l’absence d’Antoine Dupont est-elle préjudiciable ? 

Dimitri : L’équipe de France a déjà gagné sans lui. Je reste convaincu qu’elle peut encore le faire. 

Vincent : L’équipe est très forte collectivement. Ces quatre dernières années, elle a été peu déstabilisée par les absences et les blessures des uns ou des autres. 

Comprenez-vous le choix d’Antoine Dupont de se consacrer, cette saison, à l’équipe de France de rugby à sept, en vue des Jeux olympiques de Paris ? 

Vincent : Bien sûr ! Moi-même, j’ai vécu cette expérience. Mais sans participer à des Jeux olympiques, malheureusement. Quel joueur refuserait cela ? Surtout en France, devant son public.

Dimitri : Mais, attention : il va découvrir un rugby très différent de celui à XV, beaucoup plus rythmé. Deux fois moins de monde sur le terrain, ça veut dire deux fois plus d’espace à couvrir. 

Vincent, Dimitri, vous avez joué ensemble en équipe de France. Quel est votre meilleur souvenir partagé ? 

Vincent : On a gagné des Grands Chelems (2004 et 2010, ndlr), mais la Coupe du monde 2011, en Nouvelle-Zélande, reste le moment le plus fort. Même si ça ne s’est pas terminé comme on l’aurait souhaité (défaite 8-7, en finale, contre les All Blacks)… 

Dimitri : C’était une aventure magnifique, riche en émotions. Comme en demi-finale contre le pays de Galles, lorsque je passe le ballon à Vincent, et que, dans la foulée, il se fait plaquer dangereusement par Sam Warburton… qui prend un carton rouge.

Vous êtes l’un et l’autre investis dans des associations en faveur des enfants malades… 

Vincent : Depuis dix-huit ans, je suis parrain d’une Maison des parents, construite par la Fondation Ronald McDonald, à Toulouse. Nous y recréons une ambiance familiale, en accueillant les parents et les proches d’enfants qui sont hospitalisés à 50 mètres de là. 

Dimitri : Avec le footballeur Christian Sarramagna (ancien joueur de la fameuse épopée des Verts, en 1976), nous avons fondé l’association Une ballade pour Justine et Lou, respectivement ma fille et la petite-fille de Christian, touchées par l’arthrite juvénile. Justine, qui a aujourd’hui 15 ans, est en rémission. Ce n’est pas le cas de tous les enfants, alors nous nous mobilisons afin de lever des fonds pour la recherche. 

France-Irlande, vendredi 2 février à 20h45 sur France 2

Par
Frédéric Lohézic