On pourrait croire qu’ils sont venus en famille. "Oui, je suis un peu l’enfant", plaisante Baptiste Addis, qui fêtera ses 18 ans le 7 décembre. Thomas Chirault, 27 ans, est son coéquipier en équipe de France. Ensemble (et avec Jean-Charles Valladon, 35 ans) ils ont décroché une inattendue médaille d’argent au tir à l’arc par équipes, l’été dernier, au terme d’une finale olympique disputée face au Sud-Coréens, stars de la discipline.
De son côté, Lisa Barbelin, 24 ans, est la première archère française de l’histoire à remporter une médaille (bronze) aux JO, en individuel. La jeune femme n’est autre que la compagne de Thomas, rencontré il y a quelques années à l’Insep. Le principe des Etoiles du sport est de favoriser les échanges entre champions de toutes disciplines et de générations. Lisa a ainsi été conviée à cet événement en tant que "marraine".
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A ce titre, elle a choisi Baptiste comme "espoir", avec lequel elle a concouru dans de multiples activités sportives, tout au long de la semaine. Mais qu’apporter de plus à un jeune homme déjà aussi talentueux ? "C’est vrai que sa couleur de médaille est plus belle que la mienne, reconnaît Lisa. Mais il y a une différence d’âge. On a six ans d’écart. De par mon expérience, il y a plein de choses que je peux lui faire partager."
Baptiste est en tout cas très à l’écoute : "Même si j’ai déjà fait performé, pour perdurer, il faut toujours s’améliorer. Et que ce soit Lisa ou tous les autres champions présents ici, il y plein de profils différents avec qui on peut discuter. C’est une grande famille, les Etoiles du sport. On partage tous notre expérience, pour tirer chacun vers le haut. Un peu comme ce qu’on a fait aux JO. Avec Thomas et Jean-Charles, on venait chacun de tranches d’âge différentes. Quand l’un apportait l’expérience, les autres apportaient la folie, ou encore la dédramatisation de la performance."
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Au Club Med de Tignes, lieu d’accueil des Etoiles du sport, l’ambiance n’est pas sans rappeler celle du village olympique, pour nos champions : "Comme aux Jeux, on a plein de cadeaux des partenaires qui attendent sur notre lit, s’enthousiasme Lisa. Il y a aussi le restaurant, où tout le monde mange avec un peu tout le monde." Même constat pour Thomas, ravi de vivre "un événement multisports hyper riche, important pour donner des clés aux autres et grandir soi-même. La petite différence entre ici et les Jeux olympiques, c’est qu’il y a beaucoup moins de pression. On est là en mode décontracté, pour profiter et prolonger un peu la fête."
Autre différence notable, le jeune couple partage ici la même chambre, contrairement au village olympique. "En effet, ça fait plaisir d’être comme à la maison, concède Lisa. En compétition, ça fait tellement bizarre de pouvoir uniquement se dire “bonjour” en se croisant le midi, ou “bonsoir”, au dîner."
Depuis la rentrée, les tourtereaux et leur ami ont repris le chemin des études, après un break d’un an, préparation pour Paris 2024 oblige : Lisa effectue une licence de chimie (Sorbonne) ; Thomas termine un diplôme d’ingénierie en matériaux (Polytech-Sorbonne) ; quant à Baptiste : "Je vais essayer d’avoir le bac, c’est déjà ça ! Il faut y aller “step by step” (étape par étape). Tranquille…"
Les trois ont aussi l’esprit tourné vers Los Angeles, ainsi que le résume Lisa : « Après ce qu’on a vécu à Paris, avec un public extraordinaire, j’ai hâte de voir comment les Américains vont répondre à tout ça. » En attendant, elle et son compagnon se bâtissent un avenir commun : "On va s’installer à Champigny-sur-Marne, où l’on vient d’acheter une maison."
Lisa Barbelin, Thomas Chirault, Baptiste Addis : leurs passions cachées
– Lisa Barbelin : "C’est très vieux jeu, mais j’adore faire de la couture, du crochet et du tricot. Du piano aussi, même si je n’ai pas pratiqué depuis un moment."
– Thomas Chirault : "J’aime beaucoup tout ce qui est création en matière d’image, photo, vidéo… Egalement ce qui touche à l’environnement, et renforcer mes connaissances sur tout ce qui se fait un peu partout dans le monde."
– Baptiste Addis : "Moi, c’est surtout les jeux vidéo et l’e-sport, un univers très proche du nôtre, avec des gens qui s’entraînent au quotidien. Les jeux vidéo permettent de me déconnecter, tout en gardant l’esprit de compétition."