Après plusieurs mois d’incertitudes, Noël Le Graët a finalement démissionné de son rôle de président de la Fédération française de football. Englué dans plusieurs affaires de harcèlement moral ou sexuel, le dirigeant breton avait été contraint à partir de la FFF, sous la pression du grand public. Mais dans cette tempête, Le Graët a pu compter sur le soutien sans faille de Jean-Michel Aulas, le président de l’Olympique Lyonnais. Il avait publiquement soutenu le prédécesseur de Philippe Diallo, qui dirige désormais l’instance de manière intérimaire. Une nouvelle fois, dans une interview accordée à Libération, Jean-Michel Aulas a évoqué la démission du dirigeant breton. "Ah oui, bien sûr que la chute de Noël Le Graët me fait réfléchir. Pour l’homme, c’est terrible", a-t-il indiqué en préambule. "J’ai dîné encore avec lui la veille de sa démission… Il fallait faire passer l’intérêt de la fédération. Mais ce qu’il vit à titre humain… (il souffle longuement)", a continué Jean-Michel Aulas.
Interrogé sur la possibilité qu’il devienne le nouveau patron du football français, l’homme d’affaires rhodanien s’est montré assez peu emballé par le projet. "Si vous saviez les coups de fil que j’ai reçus de gens très importants et très concernés pour que je candidate à la FFF. Non, non. Il y a un temps pour tout. Même si je pense avoir toutes mes capacités intellectuelles, il y a quand même la fatigue. Et puis la famille", a expliqué Aulas. Au début du mois de mars, il s’était déjà exprimé autour de l’affaire Le Graët et avait estimé que "dans l’argumentation du rapport de l’administration, il n’y a pas grand-chose qui permet de comprendre cet acharnement", contre l’ancien président de la FFF. "L’homme se sent cruellement attaqué", avait déploré le dirigeant lyonnais, qui vient de publier son autobiographie baptisée Chaque jour se réinventer, aux éditions Stock. L.C