« On nous a vendu le bonnet phrygien chinois » : Produite en grande partie en Chine, la mascotte des J.O de Paris fait déjà polémique

Publié le 15 novembre 2022 à 12:49
Abaca
Alors que l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 a dévoilé, ce lundi 14 novembre, la mascotte des J.O, cette dernière fait déjà polémique.

A peine présentée et déjà critiquée. Ce lundi 14 novembre, les mascottes des Jeux olympiques de Paris 2024 ont été dévoilées pour la première fois. Ces mascottes, prénommées Phryges et inspirées du bonnet phrygien, ont fait l’objet de critiques, dans un premier temps, pour leur forme. Mais c’est désormais leur lieu de fabrication qui fait parler. En effet, les peluches à l’effigie de cet emblème des J.O seront produites à 20% en France, dans l’usine du groupe Doudou & Compagnie, situé en Ille-et-Vilaine. En revanche, la majeure partie de la fabrication, soit 80%, a été délocalisée en Chine. Un million de Phryges seront conçues : 200.000 en Bretagne qui seront vendues à 49,90€, et 800.000 en Chine pour un prix de 34,90 €. 

"Le marché (de la peluche) a été fortement délocalisé et les prix sont aujourd’hui basés sur des coûts de production en Asie. Ce n’est pas possible de s’aligner", s’est justifié Alain Joly, le patron du groupe français qui va fabriquer les peluches, dans les colonnes de nos confrères de Ouest-France. Une justification qui n’a pas convaincu Yves Jégo, le fondateur de la certification origine France garantie, qui a aussi été vice-président de l’Assemblée nationale. Sur les antennes de RMC, ce mardi 15 novembre, il a évoqué une "douche froide" lorsqu’il a appris que la majeure partie des peluches sera fabriquée en Chine. "On nous a vendu le bonnet phrygien chinois", a-t-il regretté en préambule. 

"Si les Jeux Olympiques sont partis pour ne pas être made in France, on aura raté l’effet d’image, l’effet du retentissement des savoir-faire français. Il faut que le Comité olympique se réveille pour faire que ces Jeux soient made in France et non made in China", a appelé l’ancien Secrétaire d’État chargé de l’Outre-mer. Également sur RMC, Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie, a répondu à la polémique. "20% fabriqués en France, ce n’est pas assez, mais c’est déjà mieux que rien", a-t-il plaidé. "Pour ce faire, elle (l’entreprise française) va accroître la taille de son usine en Bretagne, recruter des salariés. C’est un début", a assuré le ministre. Pas sûr que cela suffise à calmer les détracteurs du Made in China. 

L.C

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