Grégoire Margotton : « Je rêve en secret d’une finale France-Allemagne »

Publié le 14 juin 2024 à 10:03
CHRISTOPHE CHEVALIN/TF1
INTERVIEW. Le journaliste commente le match d’ouverture de l’Euro, à Munich. Puis il sillonnera l’Allemagne, pour la suite de la compétition, associé à son complice, Bixente Lizarazu.

Pas trop difficile de suivre le rythme de votre consultant, resté très sportif ? 

Grégoire Margotton : Au contraire, grâce à Bixente Lizarazu, j’ai repris le sport, à Doha, lors de la dernière Coupe du monde. Je l’ai suivi à la salle de gym de l’hôtel. Au Qatar, on est arrivés fatigués. À la fin du Mondial, on était en pleine forme. Donc, j’ai continué en rentrant. En Allemagne, on poursuivra nos séances quand on le pourra. 

Un pays où il vous servira de guide, lui qui a longtemps joué Outre-Rhin (neuf saisons au Bayern Munich)… 

Oui, c’est chez lui, mais en même temps, c’est chez moi. Je ne le crie pas trop fort, mais je suis fils de prof d’allemand. Mon papa m’a donné beaucoup de choses… Comme sa voix, qui, au décibel près, est la même que la mienne. Ce dont je lui serai éternellement reconnaissant. Ainsi que le goût de l’Allemagne, et de la langue. Je pense d’ailleurs pouvoir le dire, et Bixente va adorer le lire : je parle beaucoup mieux allemand que lui. Mais avec « Liza », on est d’accord pour dire que l’Allemagne, au fond du trou depuis quelques années, sera au rendez-vous de son Euro. D’ailleurs, je rêve en secret d’une finale France- Allemagne, le 14 juillet, à Berlin. 

À propos de la Mannschaft, cet Euro débute par un Allemagne-Écosse qui va donner le ton, voire le « teuton »… 

(Amusé) On n’est pas en direct, mais, celle-là, on peut la garder. Même si je n’ai rien contre un Qatar-Équateur, qui a lancé la Coupe du monde 2022, l’affiche proposée ici est beaucoup plus intéressante. Et puis moi, j’aime les matchs d’ouverture. Avec la petite cérémonie qui précède et cette tension que l’on ressent un peu plus que pour les rencontres suivantes, dès lors qu’on a trouvé notre rythme, avec Bixente. 

Trois jours plus tard, vous commenterez le premier match des Bleus, face à l’Autriche… 

Oui, encore une fois, on fait dans le familial, parce que ma belle-mère est autrichienne ! 

Vous êtes décidément un vrai couteau suisse… 

Suisse ? Non, même si j’ai une tante qui vit en Suisse. (Rires) En tout cas, ce match sera déjà décisif. S’ils le gagnent, les Bleus seront à 90 % qualifiés pour les huitièmes de finale. 

Vous avez été formé à l’école Canal+, sous la direction de Charles Biétry, aujourd’hui atteint de la maladie de Charcot. Êtes-vous toujours en contact ? 

Bien sûr. On a encore échangé hier par mail, parce qu’il est désormais privé de la parole. Pour accompagner ses derniers jours, il est en train d’écrire un livre, qu’il aura, j’espère, le temps de finir. Je fais partie des quelques personnes à qui il a demandé des anecdotes pour enrichir son bouquin. Moi, j’essaie de ne pas être triste. Lui, il arrive à rester digne jusqu’au bout, magnifiquement accompagné par son épouse. Ce qui lui arrive est une horreur, mais j’aurais eu la chance d’être arrivé à un autre niveau de rapports avec lui. Qui ne sont plus du tout d’ordre professionnel, mais vraiment dans l’affectif le plus simple. Rien que pour ça, cette période ne me laissera pas uniquement un souvenir empreint de chagrin. 

Euro 2024 : Allemagne–Écosse, vendredi 14 juin à 20h40 sur TF1

Par
Frédéric Lohézic