Dans quel état d’esprit abordez-vous cet Euro ?
Bixente Lizarazu : Il y a toujours cette fraîcheur et cette passion qui sont ancrées en moi. À chaque fois, je suis excité au moment d’aller couvrir ces grandes compétitions. D’autant plus qu’il se déroule en Allemagne… J’ai passé neuf saisons là-bas (au Bayern Munich, ndlr). Je connais bien ce pays, son amour pour le football, et le sport en général, sa capacité à bien organiser un événement aussi important que l’Euro. Il l’avait déjà très bien fait pour la Coupe du monde 2006. J’ai hâte d’y revenir.
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Placeriez-vous cette nation parmi les favorites ?
Cette équipe nous a battus deux fois, ces derniers mois. En jouant à domicile, elle peut se laisser porter par l’ambiance. En 1998, la victoire, d’entrée sur l’Afrique du Sud, nous avait fait prendre conscience qu’un truc très fort démarrait en France. Ça peut être la même chose pour les Allemands lors du match d’ouverture contre l’Écosse. J’ajouterais, parmi les favoris, l’Angleterre et le Portugal, en plus de l’Allemagne et de la France.
À propos des Bleus, avez-vous été surpris par la liste de Didier Deschamps ? Notamment par le retour de N’Golo Kanté…
Oui, parce que le Championnat d’Arabie saoudite, où il évolue, n’est pas une compétition où l’on se confronte au plus haut niveau. Mais Didier Deschamps connaît le professionnalisme de N’Golo Kanté. Son état d’esprit et son expérience sont aussi un plus. Didier est quelqu’un qui fait confiance aux hommes, et sait les remettre en selle. On l’a vu à un moment avec Olivier Giroud. Il fera de même avec Kylian Mbappé, après sa saison mouvementée. Il sait aussi comment accompagner des jeunes, comme Warren Zaïre-Emery ou Bradley Barcola. Mettre en confiance, c’est sa philosophie : en partant des qualités de ses joueurs pour proposer un système de jeu, et non pas en obligeant les joueurs à s’adapter à un système.
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Un mot sur les adversaires des Bleus en phase de poules ?
L’Autriche est une équipe qui n’est pas censée nous effrayer, mais elle a progressé. Donc, il faudra se méfier. Les Pays-Bas peuvent arborer un double visage : être étincelants, comme partir en vrille. La Pologne compte sur son buteur Robert Lewandowski. Mais on a battu les Polonais lors du dernier Mondial…
On a vu, lors du récent match du centenaire du stade Chaban-Delmas, berceau des Girondins de Bordeaux, qui y affrontaient le Variétés Club de France, que vous étiez encore affûté. Votre secret est dans votre dernier livre, Vivre de sports : Pour rester en forme (Flammarion) ?
C’est d’abord un travail introspectif, pour comprendre pourquoi le sport est toujours aussi nécessaire à mon équilibre. Et, durant la période Covid, j’ai vu que les gens étaient hyper demandeurs quand je partageais sur les réseaux les entraînements que je suivais dans mon dojo. C’était le bon moment pour moi de faire ce cheminement personnel, de « ranger les affaires », comme on dit. Parce que c’est bien de « ranger ses affaires » !
Le Mag de l’Euro, après les matchs en prime time, TF1, 22.55.
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