À l’approche des Jeux olympiques de Paris, les athlètes français en profitent pour faire passer certains messages. Le 11 novembre dernier, dans Quelle époque !, Florent Manaudou s’était dans un premier temps en assurant que la France n’était "pas un pays de sport" en avançant plusieurs arguments : "Ils ont réduit de quatre à deux les heures d’EPS. On ne peut pas dire « je veux être la meilleure nation » en mettant les moyens comme ça. Ce n’est pas possible. J’ai mon ancien colocataire qui est parti en Australie, qui pour le même boulot gagne cinq fois plus et qui entraîne des gens qui sont un petit peu moins talentueux. On va en gagner, certainement plus, mais on n’a mis des choses en place il y a deux ans. Pour préparer des Jeux olympiques, il faut mettre huit ans, douze ans en avance. J’ai vu les Anglais le faire en 2012. Ils ont mis énormément de choses autour de 2009, 2010 et ils ont explosé en 2016, 2020. On ne peut pas, juste parce qu’on a mis des choses en place sur les deux dernières années, doubler le nombre de médailles, ce n’est pas possible."
Des propos partagés par Teddy Riner, qui a surenchéri samedi dernier, également dans le talk-show de France 2 animé par Léa Salamé : "Oui, la France n’est pas un pays de sport. Allez au Brésil : matin, midi et soir, à n’importe quelle heure, ils courent, ils font du sport. C’est vital. Nous, on commence à comprendre. Le sport n’est pas dans notre culture. On n’arrive pas à mettre sur un beau socle les sportifs, les champions."
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Ce lundi 26 février, dans les colonnes de Ouest-France, un autre champion français a partagé son opinion franche sur la question, en la personne d’Alain Bernard. Le double médaillé d’or olympique a lui aussi fait part de ses réserves quant à la place du sport dans l’hexagone : "C’est vrai qu’on n’a pas cette culture sportive. Prenez la natation. Quand on se bat dans des relais face à des Américains, des Australiens, il faut savoir qu’en France, il y a 50 000 compétiteurs sur 300 000 licenciés. Aux États-Unis, il y en a 500 000 ! Quand nous, on a un Florent Manaudou, eux, ils en ont neuf autres derrière dans le réservoir ! Donc quand on gagne face à eux, on peut dire que c’est un exploit. Pareil pour les Australiens. Là-bas, les billets de banque sont plastifiés pour que les gens aillent nager, surfer, avec des billets dans leurs shorts !"
"Culturellement, ce n’est pas pareil", poursuit Alain Bernard. "Tous les enfants qui entrent en sixième sont presque capables de faire un 400 m 4 nages ! Nous, on a des territoires où un enfant sur deux qui entre en 6e ne sait pas nager… Mais les choses changement et Paris 2024 doit être un accélérateur pour qu’on devienne un pays plus sportif. Je pense qu’on tient le bon bout, mais il ne faut pas le lâcher. Tous ceux qui y croient doivent faire transpirer ça autour d’eux."