Vous qui avez longtemps joué un rôle de flic dans Plus belle la vie, vous vous retrouvez ici confronté au commandant de police Léo Matteï ( Jean-Luc Reichmann)… Quelles sont vos impressions ?
Stéphane Henon : Vous savez, je suis habitué. Boher a été longtemps sous les ordres du commandant Nebout (Jérôme Bertin). Ici, j’ai juste cherché à dévoyer Matteï en lui faisant de belles baguettes, en tant que boulanger primé pour la Meilleure baguette de France. (Rires) Ce type, qui a pris le melon, n’est pas très agréable avec sa femme, Amanda, interprétée par la brillante, solaire et très sympa Estelle Lefébure.
Une épouse qui a d’autant plus besoin de soutien qu’elle est sans nouvelles de son fils, Raphaël, né de son premier mariage avec Patrick (Xavier Deluc). Comment expliquez-vous le comportement de son second époux ?
Il est jaloux du lien qui perdure entre sa femme et son ex, inquiets pour leur enfant. Je pense que cet homme, qui exerce un métier difficile, est aigri de devoir laisser sa sublimissime femme chaque matin à 4 heures, pour pétrir son pain, au lieu de rester au lit, bien au chaud avec elle.
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Avec Estelle, vous avez un point commun : sa fille, Emma Smet, joue la comédie, tout comme la vôtre, prénommée Kina…
Elle se lance. Elle a même passé un premier casting pour Ici tout commence (TF1). Ils ont choisi quelqu’un d’autre, mais elle ne va pas baisser les bras. C’est la loi de ce métier, sur lequel elle a beaucoup de recul, comme moi. On ne sauve pas des vies, on est juste là pour essayer de donner du plaisir et du bonheur. J’ai compris cela en ayant la chance de débuter sur scène avec Jean-Paul Belmondo (dans la pièce Cyrano de Bergerac, mise en scène par Robert Hossein, en 1990, ndlr), dont la gentillesse et la simplicité n’avaient d’égales que sa distance vis-à-vis du métier.
Vous-même, avez-vous pris du recul par rapport à l’arrêt de Plus belle la vie, qui était diffusé sur France 3 ?
Complètement et immédiatement. Je pensais que ça allait être très dur, mais pas du tout. C’est comme ça, nous sommes intermittents du spectacle. Moi, je vois le verre à moitié plein, en me disant que j’ai eu la chance de faire ça durant seize ans. Je suis aussi content d’avoir pu tourner la fin avec tout le monde. Émotionnellement, c’était juste incroyable.
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Certains de vos anciens partenaires espèrent encore poursuivre l’aventure, sous une forme ou une autre. Seriez-vous partant ?
Pas n’importe comment. Je veux que ça reste la série qu’on a connue. Pas un truc low-cost, du genre « on est une bande de potes, on va faire des courts-métrages ». Si on a aimé Plus belle la vie, il faut qu’on le fasse correctement.
À propos de court-métrage, vous avez réalisé Nemesis, en 2013, avec Noémie Merlant, sacrée Meilleure actrice dans un second rôle aux César pour L’Innocent…
C’était un bébé qui arrivait dans le métier. Mais on sentait un vrai, vrai potentiel. Dans une scène, elle a déclamé, en une prise, un long monologue qui nous avait mis les larmes aux yeux. Quelle fierté de la voir récompensée !
Léo Matteï, brigade des mineurs, jeudi 13 avril à 21h10 sur TF1
INTERVIEW F. LOHƒZIC