Dans quelles circonstances votre personnage, Robin Desnoyeux, débarque-t-il à Bordeaux… ainsi que dans la série ?
François Berléand : C’est le nouveau juge d’instruction, qui arrive tout juste de Cayenne (Guyane, ndlr). Pour sa première affaire, il va s’occuper de l’enquête sur un cadavre momifié. Mais ce qui l’intéresse vraiment, c’est de rencontrer Alexandra. Il a besoin d’elle pour dénouer ses problèmes. Il fait semblant d’être riche, mais, malgré les apparences, il est à la rue !
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Il se décrit comme étant un homme honnête, dévoué et passionné… Et vous, quel portrait dresseriez-vous de lui ?
Un portrait totalement inverse ! C’est un mythomane égocentrique. C’est d’ailleurs ce que j’aime chez lui. Le paradoxe du comédien consiste à être sincère avec des mots qui ne sont pas les siens. Ce personnage est le symbole de l’acteur : il ment tout le temps, mais il croit à ce qu’il dit et va jusqu’au bout de l’imposture. On ne sait donc rien de lui. Je le comprends, j’étais un peu comme ça à une période de ma vie…
"Je m’inventais des rendez-vous avec de grands metteurs en scène pour impressionner"
Que voulez-vous dire ?
Dans ce métier, il vaut mieux faire envie que pitié. À 30 ans, je travaillais beaucoup au théâtre, mais je rêvais de cinéma. Je m’inventais des rendez-vous avec de grands metteurs en scène pour impressionner tout le monde et « créer » la vie que je n’avais pas. Je racontais des histoires abracadabrantesques… et ça marchait ! Pour moi, c’était une forme de travail de faire croire à ces choses. En fait, je m’entraînais à bien mentir…
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Dans votre carrière, vous avez incarné beaucoup de « crapules », telles que ce juge aujourd’hui. Au point de vous lasser ?
Non. La réalité est difficile. On s’en sort donc par des petitesses ou des actes grandioses. Et je trouve plus intéressant de jouer les lâches, les veules, et les gens qui ont des défauts. Mais ce que j’apprécie chez Robin, c’est qu’il est heureux, qu’il trompe avec plaisir. En fait, c’est un personnage de comédie incroyable, que je voulais rendre sympathique.
"C’est un bonheur de travailler avec Julie Depardieu"
Étiez-vous heureux de retrouver Julie Depardieu, que vous connaissez depuis longtemps ?
Bien sûr ! Je l’ai rencontrée en 1994. À l’époque, je jouais avec son frère, Guillaume, dans la pièce Le Retour, d’Harold Pinter, et je m’occupais beaucoup de lui. Julie, qui l’adorait, venait souvent le voir. C’est une femme à part, délicieuse, qui est profondément gentille et belle dans sa tête. Elle vit dans sa réalité, dans laquelle tout le monde est formidable. C’est un bonheur de travailler avec elle.
"Robin va très loin dans le n’importe quoi"
Robin Desnoyeux sera-t-il amené à instruire d’autres affaires ?
Il sera de retour pour au moins trois enquêtes. Et il va continuer à excéder Alexandra Ehle. Dans le dernier épisode que j’ai tourné, j’ai pu improviser, et Robin va très loin dans le n’importe quoi. Ce côté absurde était très rigolo à faire. J’espère que le public va adhérer et que je continuerai à l’incarner !
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Quels sont vos autres projets ?
Je viens de tourner dans une parodie de film d’action signée Simon Astier pour Prime Video, et dans Génération Alpha, une série sur l’écologie pour France Télévisions. On m’a également proposé de reprendre mon rôle du père de Sam dans la série de TF1…
Alexandra Ehle, mardi 10 décembre à 21h05 sur France 3