Clémentine Célarié (Mémoire vive) se livre sans concession sur son combat contre le cancer : « Une urgence de vivre à fond » (EXCLU)

Publié le 15 février 2025 à 7:00
Christophe AUBERT / TELE 7 JOURS
Dans Mémoire vive, nouvelle série diffusée sur M6, Clémentire Célarié incarne une serial killeuse atteinte de la maladie d’Alzheimer. Pas commun comme personnage, tout comme celle qui l’interprète ! Rencontre avec une femme assoiffée de vie.

Esther Lefèvre est une ancienne greffière, touchée par Alzheimer, à qui son médecin conseille de profiter de la vie pour réaliser ce qu’elle n’a pas eu le temps d’accomplir. Elle va alors régler ses comptes avec des criminels impunis. Sacré scénario !

Clémentine Célarié Quand Xavier Matthieu, le producteur de la série, m’a fait lire l’histoire, je n’y ai pas cru. On a du mal à s’imaginer que cette petite dame bien mise puisse se transformer en mafieuse pour faire justice elle-même. Avec Les Randonneuses (diffusée sur TF1 en 2023, ndlr), c’est l’une des plus belles fictions à laquelle j’ai participé. Ici, la maladie devient une force. Son courage est, certes, lié à de l’inconscience, mais elle décide de venger Célia (Elisa Erka),qu’elle ne connaît pas, mais avec qui elle a une complicité induite. Elle ressent comme de la culpabilité de ne pas avoir su la protéger.

À 67 ans, Clémentine Célarié fait le point sur sa carrière

Certaines actrices regrettent d’être invisibilisées une fois la cinquantaine passée. Ça n’a pas l’air d’être votre cas, vous qui enchaînez les rôles à la télévision et au théâtre…

Je n’ai pas attendu d’avoir 50 ans pour, parfois, ne pas avoir de boulot ! (Rires) Durant une période, on ne me proposait rien d’intéressant, car je n’étais pas dans la bonne case et ne voulais pas y entrer. Ce n’est pas seulement une question d’âge, mais de trouver sa place et ce à quoi on aspire. Pour moi, ça se passe maintenant, à la soixantaine. Je reçois les bonnes propositions parce que je me sens plus libre et je me fous de mon âge. C’est nous qui décidons l’âge que nous avons et pas l’inverse !

Serait-ce parce que vous êtes une survivante (elle a vaincu un cancer du colon en 2021, après deux ans de lutte, ndlr) que vous êtes si exaltée ?

Sans l’ombre d’un doute. Après avoir traversé un cancer, il y a une énergie qui exulte, une urgence de vivre à fond. Quand on s’en sort, on gagne des points de vie. Si je me retrouve, depuis quelque temps, dans un embouteillage professionnel, c’est parce que j’ai provoqué des projets. Que ce soit dans Mémoire vive ou au théâtre avec Je suis la maman du bourreau (actuellement en tournée), j’accepte les défis parce qu’ils sont beaux et qu’ils déclenchent en moi de grandes et belles émotions.

"Je ne dis jamais que ‘je vieillis’ mais que ‘j’avance’"

Esther a un rapport particulier avec la mort. Et vous, où en êtes-vous avec le temps qui passe ?

Je m’en fiche. Clint Eastwood a dit une phrase que j’adore : "Je ne laisserai pas entrer le vieux." Eh bien, moi, c’est pareil ! Je ne dis jamais que "je vieillis" mais que "j’avance". Ce mot n’existe pas pour moi. Ça m’agace aussi quand on distingue "les vieux" des "jeunes". C’est comme si on devait classer les gens en fonction de leur date de naissance, c’est idiot. Moi, je trace ma route et n’attends pas les propositions. D’ailleurs, j’écris un téléfilm que je vais réaliser, ainsi qu’une mini-série sur le pouvoir de l’imaginaire et de la guérison. Ce qui me plairait aussi ? Décrocher enfin ce grand rôle au cinéma qui manque à ma carrière.

L’interview de Clémentine Célarié est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques dès ce lundi 17 février.

Par
Adeline Quittot