Marleau définit votre personnage, Simon Cappa, comme « le Don Corleone de la corruption ». Et vous, comment le qualifieriez-vous ?
Patrick Timsit : Il s’agit d’abord d’un grand-père… qui a une activité dont les autres parlent. Mais, pour moi, ce n’était pas la peine de jouer ce pour quoi il est décrit. J’ai trouvé plus juste de tabler sur le côté famille, plutôt que le côté mafia. D’ailleurs, quand on s’est rencontrés, avec Josée Dayan, la réalisatrice, on n’a pas parlé gangstérisme, on a parlé de personnage.
Celui, donc, d’un grand-père très protecteur, notamment avec son petit-fils…
C’est un homme dont il faut respecter les codes. Et quand il n’est pas content, il le fait savoir par des éclats de voix. À côté de ça, c’est effectivement un bon grand-père… Mon premier rôle de grand-père. Et j’ai eu moi-même beaucoup d’affection pour l’acteur qui jouait avec moi (Max Baissette de Malglaive, ndlr). On avait déjà tourné ensemble dans Frère et Soeur (2022), le film d’Arnaud Desplechin.
Le premier face-à-face entre Cappa et Marleau donne le ton de leur relation. Lui, dit : « J’ai horreur des flics. » Ce à quoi elle répond : « J’ai horreur des cons. » Savoureux, non ?
C’est une bonne entrée en matière… Ils ne se mentent pas. Et c’est là aussi que l’on voit que ce grand-père n’est pas non plus un papy gâteau. Il reçoit, il encaisse face à ce personnage très particulier. Un peu comme Columbo, Marleau peut vite taper sur les nerfs de ceux qu’elle interroge. Elle vous colle aux basques, avec son ton, comme un moustique dans une pièce, une nuit d’été.
On perçoit, à travers vos regards respectifs, une gourmandise à jouer ensemble, avec Corinne Masiero…
On ne se connaissait pas, mais on a vite basculé dans le plaisir. Au milieu d’une scène, elle s’amusait à jouer avec des gâteaux, sachant que j’aime beaucoup les pâtisseries. Elle venait me titiller, me taquiner. Et moi, j’aime ça, comme j’aime taquiner, de mon côté. Avec elle, on peut dire qu’il y avait « du monde à bord ». Elle est active, réactive, alerte, très rapide. C’est « bam, bam ! » Au début, j’avais une petite appréhension à entrer dans la « famille » Josée Dayan-Corinne Masiero. Mes craintes ont vite été levées, en découvrant deux femmes très à l’écoute, sachant ce qu’elles veulent, mais qui ne sont pas pour autant dans des rails. Elles aiment être surprises.
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Malgré vos récents adieux au one-man show, votre vie d’artiste continue. Que préparez-vous dans un futur proche ?
Abandonner le one-man show a été plus douloureux que je le pensais, à l’image d’une séparation amoureuse. Mais je suis parti comme je l’ai voulu. Là, je débute le tournage d’une série pour Disney+, Les Disparues de la gare, avec Mélanie Doutey, Camille Razat (Emily in Paris) et Hugo Becker, dont la sortie est prévue l’année prochaine. Viendra ensuite le Festival Uzès Seul en scène, dont je suis le directeur artistique, pour le pont du 8 mai et de l’Ascension. Je serai aussi en tournée pour Le Livre de ma mère, d’Albert Cohen et, dès septembre, au théâtre Édouard-VII, pour La Famille, où je serai entouré de François-Xavier Demaison, Michel Jonasz et Claire Nadeau. On sera dans le plaisir à gogo !
Capitaine Marleau, vendredi 12 avril à 21h10 sur France 2