Avant de jouer dans cet épisode, connaissiez-vous Capitaine Marleau ?
Deborah François : Oui, mais beaucoup moins que mes parents, qui eux, ont vu tous les épisodes. En Belgique, la série a beaucoup de succès. Quand je leur ai annoncé que j’allais jouer dedans, mes parents étaient ravis.
Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce projet ?
Le scénario, mais également la notoriété de la série. J’avais envie de voir comment elle était réalisée… Je rêvais aussi de travailler avec Éric Elmosnino, c’est vraiment un excellent comédien.
Vous jouez d’ailleurs sa compagne. Il incarne Serge Duprat, un homme dissimulant un lourd passé…
Oui, c’est le moins qu’on puisse dire. Jusqu’au bout de l’histoire, on va de surprise en surprise. Julia, mon personnage, est très présente pour son mari. Ils ont un rapport et une complicité intéressants à jouer. J’ai aussi aimé tourner dans une vraie scierie vosgienne. Dans ce genre de décor, on fait de belles rencontres et on découvre plein de choses…
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Corinne Masiero est-elle la même à la ville et à l’écran ?
Totalement ! C’est quelqu’un d’honnête, qui ne travestit jamais son image. Elle a le même franc-parler que son personnage. C’est une comédienne courageuse. Je me suis très bien entendue avec elle.
Vous avez été révélée à 16 ans dans le film L’Enfant (2005), des frères Dardenne. Et vous voici dans Capitaine Marleau. Entre les deux, les rôles s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Vous êtes plutôt chanceuse, non ?
Débuter avec les frères Dardenne m’a propulsée dans le milieu du cinéma avec un bon a priori auprès du public. Commencer jeune m’a permis de montrer pas mal de facettes différentes. J’ai aussi refusé des rôles qui se rapprochaient de ce que j’avais déjà joué. Je suis comédienne, car je crains de n’avoir qu’une seule vie. J’ai eu de la chance de pouvoir toucher à tout : j’ai joué dans des thrillers, des films de genre, des comédies, à la télé et au cinéma. J’ai une bonne étoile, mais il faut travailler pour la cultiver.
Vous avez cumulé les trophées (César, Magritte, prix Romy-Schneider). Avez-vous monté une étagère pour les exposer ?
Pendant longtemps, j’ai eu honte de les sortir de mes cartons. J’ai trouvé ensuite que c’était une pudeur mal placée. Ils représentent de beaux souvenirs, alors pourquoi ne pas les sortir ? Ils ne sont pas en évidence sur la cheminée, mais disséminés dans l’appartement. Dans les moments où je doute, ça m’aide de les regarder.
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Avez-vous eu d’autres tournages depuis Capitaine Marleau ?
J’ai joué dans deux longs-métrages, qui sortiront cette année : une comédie, Pauline grandeur nature, dans laquelle je suis une mère célibataire. Et Fanon, un biopic sur ce psychiatre qui s’est occupé des colonisés pendant la guerre d’Algérie. Il n’a pas été reconnu à l’époque par la France, mais il est temps qu’il soit réhabilité. C’est une grande fiction historique.
La parole des actrices se libère pour dénoncer le harcèlement dont elles ont pu être victimes. Vous sentez-vous concernée ?
Il n’y a aucune femme dans mon entourage qui n’a pas subi cela. Moi aussi, j’ai été harcelée sexuellement, j’ai été agressée, comme toutes les autres. C’est essentiel de ne pas se taire pour faire bouger les choses.
Capitaine Marleau, vendredi 5 avril à 21h10 sur France 2