On vous connaît surtout comme chanteuse, moins comme actrice. Comment vous êtes-vous retrouvée sur le tournage d’un épisode de Capitaine Marleau ?
Inna Modja : Je vis à Lisbonne, au Portugal, mais j’ai toujours un agent en France. J’ai reçu un coup de fil me proposant de participer à un épisode, et comme je regarde la série, j’étais très excitée avant même de recevoir le scénario. Inissa est une jeune femme ambitieuse, énergique… Je me demandais ce que je pouvais y mettre de moi, et aussi ce qu’il ne fallait pas que j’y mette de moi. À chaque fois, c’est un équilibre à trouver.
Inissa se distingue à l’écran avec des tenues très colorées. Vous qui aimez la mode, cette idée vient-elle de vous ?
Non, le styliste de la série avait déjà des idées bien arrêtées sur ce qu’allait porter Inissa, mais j’aime beaucoup la façon dont elle s’habille. D’ailleurs, sans que je le demande, on m’a gentiment offert l’une de ses tenues, un tailleur pantalon orange, que je porte régulièrement avec des baskets, notamment lors de mes activités d’ambassadrice de bonne volonté pour les Nations unies, où il faut être chic mais pas trop.
À lire également
Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle ?
Je suis comédienne depuis dix ans, donc j’ai un peu ma méthode maintenant. J’ai débuté en 2013 dans la série humoristique Pendant ce temps (diffusée dans Le Grand Journal sur Canal+, ndlr), et j’ai tourné dans plusieurs films, dont Wùlu, de Daouda Coulibaly (2016), ou La Sainte Famille, de Louis-Do de Lencquesaing (2019). Ce que je fais généralement, en dehors d’apprendre mon texte et de le connaître sur le bout des doigts, c’est que j’imagine la vie non écrite de mon personnage. Ce qu’il mange, sa famille, etc. Pour Inissa, qui est censée travailler pour le Président d’un État d’Afrique de l’Est, je me suis dit qu’elle devait parler le swahili. Moi, je suis malienne, je parle le bambara, une tout autre langue.
Corinne Masiero adore improviser sur les tournages. Est-ce que cela vous a surprise ?
Non. En fait, on ne sait jamais trop ce qui est écrit ou pas, avec elle. Moi, j’aime bien. Ça oblige à être spontané, dans le moment.
À lire également
Entre 2009 et 2015, vous avez publié trois albums, puis fait partie du groupe Les Parisiennes, avec Arielle Dombasle, Helena Noguerra et Mareva Galanter. Avez-vous prévu de revenir à la musique ?
Je continue à faire des concerts, mais depuis la naissance de ma fille, je me suis autorisée à prendre du temps pour moi. En 2020, je m’apprêtais à partir en tournée, puis il y a eu le confinement. J’ai perdu ensuite ma mère, mon père, ma grand-mère et ma soeur… Des deuils qui m’ont beaucoup affectée. Je publierai un nouveau disque à la fin de cette année. J’y chante en anglais, en portugais, en français et en bambara, mais, cette fois, plus encore qu’avant, j’ai eu besoin de prendre mon temps. J’avais plein de choses à digérer, à intégrer, pour que ce nouvel album me ressemble.
Capitaine Marleau, vendredi 16 mai à 21h10 sur France 2