Avez-vous une idée du nombre d’avocats que vous avez incarnés à l’écran dans votre carrière ?
Antoine Duléry : Pas tant que cela, si je réfléchis un peu. J’ai fait beaucoup de flics, mais peu d’avocats. Je suis ravi que Stéphane Bern, que j’apprécie beaucoup, ait soufflé mon nom pour faire un guest dans Bellefond. Je trouve qu’il y a quelque chose à défendre dans ce rôle. Comme j’aime à le dire : il y a « à manger ».
Qu’est-ce qu’il a d’intéressant, ce personnage ?
Il est à la fois tendre et odieux, mordant et fragile. On apprend très vite que ce maître Colignon, qui est aussi le bâtonnier d’Antoine Bellefond (un avocat élu par ses pairs qui assure la présidence de l’Ordre des avocats, ndlr), a perdu sa femme et qu’il s’est jeté dans le travail au point de s’oublier. Quand il découvre que Bellefond lui a repris un certain dossier, il fulmine. On s’est beaucoup amusés à jouer cette confrontation entre nos deux personnages.
Quand vous acceptez un rôle, quelle est la première chose à laquelle vous vous intéressez pour le modeler ? Sa façon de parler, de bouger, sa tenue ?
Je m’intéresse en premier lieu au scénario, ensuite, je demande avec qui je vais jouer, puis qui va réaliser. Après, je m’intéresse à la tenue de mon personnage… Vous voyez, mon petit (imitant tout à coup Philippe Noiret à la perfection), le voyage est court, essayons de le faire en première classe. Comme disait Philippe Noiret, que je révère : « Quand on a le costume, on a le personnage. » Pour Colignon, c’est ce qui s’est passé. Je trouve qu’il y a en lui un petit peu de l’élégance, de la classe de Noiret.
Antoine Duléry : "Si j’ai accepté ce rôle, c’est aussi pour Stéphane Bern"
Connaissiez-vous Stéphane Bern avant de le rejoindre sur le plateau de tournage ?
Je ne suis pas un intime. Nous nous étions déjà croisés, notamment à la radio où il m’avait invité plusieurs fois dans des émissions qu’il animait. Il a d’ailleurs très gentiment pris mon fils en stage. Et puis, je l’ai croisé en Grèce, où il était en vacances et où je retrouvais mon ami d’enfance, Yves Calvi. Nous avons passé quelques jours ensemble. C’est quelqu’un de joyeux, très chaleureux, très lumineux. Si j’ai accepté ce rôle, c’est aussi pour lui.
Pourrait-on retrouver maître Colignon dans un autre épisode, voire un spin-off de Bellefond ?
Moi, j’aimerais bien. Si on me le propose, j’y réfléchirai certainement. Là, je viens de faire des apparitions dans R.I.P aimons-nous vivants ! (TF1), avec Claudia Tagbo, et dans César Wagner (France 2), avec Gil Alma. Je dois aussi tourner dans Haute Saison (France 2), et j’enchaîne au cinéma dans le nouveau film de Tarek Boudali, avec François Berléand, Gérard Jugnot et La Bande à Fifi. Sans oublier le théâtre, puisque je serai à Avignon pour mon seul-en-scène, Antoine Duléry lit entre les lignes. Enfin, à la rentrée, je rejoindrai le casting du prochain film de Coline Serreau. Un peu occupé, le monsieur… (Rires)
Bellefond, mardi 10 juin à 21h05 sur France 3