Stéphane Bern (Bellefond, France 3) : « Ceux qui me critiquent comme comédien… »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 22:17
© Jean-Philippe BALTEL / BIG BAND STORY / KISAYANG / FTV
Stéphane Bern enfile de nouveau le costume de cet ancien procureur de la République, devenu avocat après une erreur judiciaire. Aidé de ses trois stagiaires, il défend un professeur accusé de viol par l’une de ses élèves.

On sent Bellefond plus détendu, comme dans la scène de danse… 

Stéphane Bern : C’est vrai. Je pense que les scénaristes se sont dit qu’ils pouvaient aller encore plus loin. Et il y a cette alchimie incroyable avec ces stagiaires. Nous sommes tous les quatre de jeunes acteurs et passons un mois ensemble, un peu comme une famille recomposée. Cet automne, nous avons tourné deux épisodes avec des guests, comme Bruno Solo et Claire Nebout. Ces deux mois ont été un bonheur. Notamment parce que j’étais entouré d’une équipe féminine adorable. J’aime être dirigé par des femmes ! 

Pour quelles raisons ? 

Il n’y a pas de mâle alpha. Je ne suis pas dans le rapport de force. J’aime, au contraire, que l’on obtienne de moi tout ce que l’on veut par la gentillesse, la bienveillance et la simplicité. Tout le monde se rend sur le tournage, aux aurores, rempli de joie. C’est ça l’important ! 

Cette nouvelle enquête parle de sujets très actuels : viol, présomption d’innocence… 

L’enjeu de la série Bellefond est d’être toujours au plus près des questions de société. Le fils d’un ami a été accusé d’agression sexuelle par deux filles. On a mis des mois à prouver que c’était faux, le gamin est détruit psychologiquement. Je n’imagine pas parler de justice sans être ancré dans la réalité de ce que les gens vivent au quotidien. Bellefond fait son travail pour disculper le professeur, qui a aussi beaucoup de torts. Mais il ne remet jamais en cause ce que dit la victime. 

On vous sent touché par le sujet… 

Je ne sais pas pourquoi, mais les gens se confient beaucoup à moi dans la vie. Ils me font d’emblée confiance, et quand on prend le temps de discuter avec eux, ils peuvent raconter des traumatismes vécus. Ça me bouleverse vraiment. Je ne supporte pas l’injustice, c’est plus fort que moi. Je pleure facilement dans ces moments-là. 

Que ressentez-vous face aux critiques sur votre légitimité de comédien ? 

Dire du mal de tout le monde est un peu le jeu des réseaux sociaux. C’est un déversoir de haine. Je regarde cinq minutes le matin ce qui a été dit, en buvant mon thé, et je referme. Ceux qui me critiquent comme comédien ne sont jamais venus me voir au théâtre et ne regardent jamais les téléfilms. C’est un jugement à l’emporte- pièce. Le vrai chef-d’oeuvre est de durer. On a crié au génie pour des gens qui ne sont plus dans la vitrine. Et moi, je suis toujours là après trente ans. 

Justement, avez-vous d’autres projets en tête ? 

Je viens de sortir le livre Les Secrets du château de Windsor (Plon). Et remonter sur les planches me titille. On me propose beaucoup de choses, et là, étrangement, ce sont de très bons projets… Mais pour une pièce, il faut jouer au moins trois mois, à Paris. Moi qui m’étais juré de ne plus vivre dans cette ville… 

Allez-vous, cette année encore, présenter l’Eurovision ? 

Il y a intérêt ! C’est une bonne idée d’avoir choisi Slimane. J’aime son histoire et ce qu’il représente… Contrairement à d’autres, il incarne vraiment les valeurs que l’on a envie de montrer à l’Eurovision. J’ai été très déçu du résultat du concours, l’année dernière, mais aussi par La Zarra. Je pense que Slimane est porteur d’espoir.  

Bellefond, mardi 28 novembre à 21h10 sur France 3

Par
Pauline Hohoadji