Sofian Khammes (Dans l’ombre) : « Les hommes politiques sont dans la survie… »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:28
Capture d'écran France 2
Après avoir cartonné dans la saison 1 de B.R.I. sur Canal+, Sofian Khammes a changé de style pour jouer le conseiller politique d’une candidate à la primaire de droite dans la série Dans l'ombre dont les deux derniers épisodes sont diffusés ce soir sur France 2 à partir de 21h05. Un rôle sur lequel il s’est confié à Télé 7 Jours en mars dernier, lors de la présentation en avant-première de la mini-série au festival Séries Mania 2024.

Pour citer François Mitterrand, votre personnage, Texier, c’est un peu "La force tranquille" au début…

C’est un peu ça oui (rires) ! C’est un stratège de l’ombre fidèle à Marie-France Trémeau (Karin Viard). Son engagement est celui de toute une vie. Avec Karin, on s’est amusés à être un peu piquants !

Swann Arlaud n’a pas caché qu’il avait eu "du mal à aimer et donc défendre son personnage" (il joue César Casalonga, le conseiller de Paul Francoeur, le rival de Trémeau). Avez-vous ressenti la même chose ?

Non, moi je dois avoir quand même de l’empathie pour défendre un personnage. Je ne suis pas forcément d’accord avec Texier et je ne défends pas les mêmes idées, mais je l’aime bien car il est très intelligent. Il n’a pas besoin de se mettre en avant et il est doué pour survivre, ce qui est important dans ce monde politique.

Ne pas se mettre en avant, c’est un peu l’image que vous donnez de vous…

C’est clair ! Si je savais me mettre en avant… Avec mes amis, je vais le faire et être un peu vaniteux, mais dans le métier ou la presse, j’ai beaucoup de mal et de pudeur à parler de moi… Je ne sais pas par où commencer. Si je savais, je le ferais et je ferais le show ! Mais là, je ne prends aucun plaisir. J’ai du mal à donner plus que la promo. La fiction, c’est aussi de l’intime. Je me raconte donc dans mon parcours. 

Pourriez-vous, un jour, faire comme votre personnage et vous engager en politique ?

Je préfère être acteur que militant. Mais dans une autre vie ou si je n’étais pas acteur, pourquoi pas. Swann Arlaud dirait le contraire. Mais moi, je préfère m’engager par mon travail. Mes choix racontent des choses, ils sont politiques.

Avez-vous eu des grands débats avec lui sur le tournage à ce sujet ?

Lui se creusait les méninges au début parce que la série était écrite par des mecs de droite. Mais elle pourrait aussi bien l’être par des personnes de gauche. Ce n’est pas ce qui est important. Moi, je n’avais pas ce questionnement-là.

La série Dans l’ombre a-t-elle changé votre regard sur le monde de la politique ?

On m’a déjà posé cette question mais je n’arrive pas à répondre… J’ai juste trouvé des ressemblances entre les politiques et d’autres choses. Ils sont dans la survie, ce sont des animaux.

Vu de l’extérieur, ce monde est un peu une jungle…

Comme peut l’être aussi notre métier de comédien. Les hommes politiques sont très exposés à la critique, comme nous. Moi je ne les regarde pas. Lorsque la saison 1 de B.R.I est sortie, un pote m’a conseillé de ne pas aller sur X. Apparemment, les internautes disaient des choses comme "c’est ça la police d’aujourd’hui !". Mais nous avons eu de très bonnes notes de la presse. Je pense que les critiques sont organisées… Tous les retours que j’ai eu étaient dithyrambiques. 

Comment s’est passée votre collaboration avec Karin Viard ?

Je l’ai vraiment adorée ! C’est une grande actrice. Quand je tourne avec de grands acteurs, j’ai toujours un temps d’adaptation. Je vais regarder et être spectateur mais c’est aussi comme ça qu’on apprend. Karin se met en jeu très rapidement. Elle rebondit, comme Edgar Ramirez à qui je donne la réplique dans Les Arènes de Camille Perton (un film dont la date de sortie n’est pas encore connue, ndlr). 

Vous jouez là encore un homme de l’ombre…

Je joue en effet le cousin et agent d’un jeune joueur lyonnais incarné par Iliès Kadri. Les Arènes raconte l’histoire de jeunes qui sortent d’un centre de formation et qui vont signer leur premier contrat professionnel. Il y a beaucoup d’enjeux pour eux entre la pression des clubs, de la famille et de l’argent. 

On vous a vu dans la série d’action B.R.I, dans le film de genre La Nuée ou encore dans le drame de vengeance Chouf… Comment choisissez-vous vos projets ? 

J’avais ce souci de ne pas entrer dans une case. La difficulté, c’est que je ne contrôle pas ce que je reçois. On me propose des genres différents, c’est une chance. Mais il faut aussi parfois provoquer cette dernière et refuser, par exemple, des choses qui se ressemblent trop même quand tu es dans le besoin. Je laisse une sorte de page blanche pour que les metteurs en scène projettent sur moi des choses différentes. 

Avez-vous senti que certains essayaient de vous mettre dans une case ?

Je parle parfois à certains confrères ayant les mêmes origines que moi. Je leur dis qu’ils s’enferment tous seuls et donnent le bâton pour se faire battre. Il ne faut pas laisser les autres inventer votre parcours. Tellement de choses ne dépendent pas de nous dans ce métier. La seule chose que tu peux contrôler, c’est ton désir. Ta liberté t’appartient et il ne faut pas la corrompre. 

Allez-vous faire votre retour sur les planches, vous qui n’êtes plus au théâtre depuis 2014 ? 

J’aimerais bien mais j’aurais tellement peur car le théâtre, ça se pratique. Mais mon amour pour lui est toujours intact.

De quoi rêvez-vous aujourd’hui ?

De durer et continuer sur ce chemin. Et d’un rôle bien vénère comme un fou furieux ou un vrai méchant (rires) !

Par
Pauline Hohoadji