Réalisée par Pierre Schoeller (L’Exercice de l’Etat), la série Dans l’ombre plonge au cœur du monde politique français d’aujourd’hui. Elle suit en effet Paul Francoeur (Melvil Poupaud), un homme politique conservateur, et son équipe. Après avoir remporté les primaires de la droite face à la favorite Marie-France Trémeau, (Karin Viard), il se lance dans une campagne présidentielle tendue aux nombreux pièges. Mais il pourrait bien tout perdre si la rumeur de fraude aux primaires se confirme. Fidèle bras droit du candidat, César (Swann Arlaud) va tout faire pour trouver la vérité et sauver son patron.
Dans l’ombre, une adaptation d’un livre d’Edouard Philippe
Si la série, à découvrir ce soir sur France 2, est aussi réaliste, c’est que le livre dont elle est adaptée a été écrit par deux hommes politiques de premier plan. Sorti en 2012, le roman Dans l’ombre est en effet signé Gilles Boyer (Député européen, ancien collaborateur d’Alain Juppé et ancien conseiller spécial d’Edouard Philippe à Matignon) et Edouard Philippe qui a été le Premier ministre d’Emmanuel Macron entre 2017 et 2020. Les deux hommes ont d’ailleurs été partie prenante dans l’adaptation à l’écran de leur roman, au point même d’être crédités au générique comme scénaristes. "Nous avons passé des heures avec Pierre et l’équipe et nous avons aidé Pierre à pénétrer cet univers particulier en lui présentant de nombreuses personnes qui font ce métier dans la vraie vie. De fil en aiguille, nous avons ajusté notre participation au projet, notamment pour les dialogues. Avec Edouard, nous avions une idée assez précise de ce qui se dit, de ce qui se joue dans les regards, des ambiguïtés", a précisé Gilles Boyer en présentant la série en mars dernier lors du Festival Séries Mania.
Les conseils d’Edouard Philippe à Melvil Poupaud
"Edouard Philippe a participé, au même titre que les autres, à la production. Il n’est venu qu’une fois sur le plateau. Les scénaristes ne viennent pas souvent : il y a un temps pour l’écriture, un pour le tournage et un pour le montage", a précisé Pierre Schoeller en ajoutant qu’Edouard Philippe a eu de nombreux échanges avec les comédiens, notamment lors des lectures du scénario. Celui qui est toujours Maire du Havre a d’ailleurs accueilli Melvil Poupaud dans sa ville pour lui faire visiter son bureau et lui donner quelques conseils. "Il était très naturel et sympathique. Il m’a dit que c’est d’ailleurs ce qu’il fallait faire lorsqu’on est un homme politique. Je me suis demandé du coup s’il l’était avec moi car c’était son rôle ou non (rires). Mais ça s’est arrêté là. M’inspirer de quelqu’un ne m’intéressait pas, j’avais envie d’inventer ce nouveau personnage", a confié celui qui incarne Paul Francoeur.
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Pourquoi Karin Viard voulait donner tort à Edouard Philippe
Karin Viard, elle, a précisé lors de cette conférence de presse qu’elle a pu poser "des questions concrètes" à Gilles Boyer et Edouard Philippe tant sur son rôle que sur le monde politique. "Ils ont répondu. Ils étaient très sympathiques et très accessibles", s’est rappelée la comédienne avant de raconter les coulisses d’une scène très particulière : celle où elle fait un discours de meeting devant une salle remplie de militants. "Edouard m’a dit un truc qui m’a fait beaucoup rire : c’est que la grande difficulté pour moi était le meeting politique, car les femmes, quand elles parlent trop fort, ça fait tout de suite hystériques. Évidemment, ça m’a plu et je me suis dit que j’allais hurler pour lui donner tort !". Karin Viard a également pu "alimenter les fantasmes de son personnage" grâce à une petite phrase lourde de sens de l’ancien Premier ministre. "Il m’a dit : « Tu peux faire le pire, être conspué (…), tant que tu n’es pas mort, tu peux exister en politique »".